Italie : Fin des décrets Salvini sur l’immigration

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Lundi 5 octobre, le gouvernement italien a approuvé un nouveau texte législatif, qui annule les mesures les plus dures prises en matière d’immigration par Matteo Salvini lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. Pour la presse transalpine, c’est une petite révolution qui s’opère.

“Ces ‘décréts-propagande’ n’existent plus désormais. Nous voulons une Italie plus humaine et sûre”. “Nous avons effacé des dispositions honteuses et nous réorganisons l’accueil pour promouvoir l’intégration et garantir la sécurité de tous.”

Du leader du Parti démocrate (PD) Nicola Zingaretti, au numéro deux du parti Andrea Orlando, lundi 5 octobre, c’est toute la direction du parti de centre gauche qui célébrait ce qui est considéré comme une victoire politique.

En effet, les décrets sécurité voulus par Matteo Salvini lorsqu’il était au gouvernement ont été substantiellement abrogés par une décision du Conseil des ministres. Le gouvernement de Giuseppe Conte (soutenu par une majorité PD – Mouvement 5 Étoiles) a ainsi annulé une grande partie des mesures qui avaient été adoptées par le gouvernement précédent sous l’impulsion du leader de la Ligue (extrême droite).

Des modifications plus importantes que ces changements sont probablement ailleurs. En effet, à travers ce nouveau décret, précise le site d’information de gauche Linkiesta, “on interdit l’expulsion et le renvoi [à la frontière] des migrants qui risquent de subir des tortures ou des traitements inhumains dans leur pays. Ces personnes auront droit à une protection dite ‘spéciale’ qui remplace la protection humanitaire [sorte de droit d’asile temporaire] qui avait été supprimée par Salvini.”

Enfin, certains permis de séjour pourront être plus facilement transformés en permis de travail – ce qui n’était pas possible jusqu’ici. Un service rendu aux trafiquants d’êtres humains ? Face à ces changements substantiels, le quotidien libéral La Stampa affiche sa satisfaction.

“Le nouveau décret redonne vie aux principes d’accueil qui existaient avant l’arrivée de la Ligue, se réjouit le journal turinois. Le cadre juridique pour ceux qui débarquent en Italie change radicalement et ceci marque la fin d’une certaine ‘méchanceté d’État’ assumée.”

Le nouveau décret prévoit la fin des amendes pour les ONG qui opèrent en Méditerranée, ainsi que la fin des confiscations de leurs navires, à condition que les équipages informent les autorités italiennes de toutes les interventions de sauvetage. De plus, les délais pour que les migrants obtiennent la citoyenneté italienne seront raccourcis et la possibilité de faire des travaux d’utilité publique pour les demandeurs d’asile sera rétablie.”

Pour la presse conservatrice cependant, l’introduction de ce nouveau décret est un véritable pas en arrière qui fera “repartir le business du trafic des migrants”, prévient le quotidien milanais Il Giornale. Sur cette même ligne, le journal romain Il Tempo, dénonce l’introduction “de normes qui ouvrent les portes à l’immigration illégale et faciliteront le travail des trafiquants d’être humains en mer Méditerranée”.

Il Fatto Quotidiano & Reuters