Italie : La péninsule veut attirer les riches expatriés grâce à un régime fiscal avantageux

Depuis 2018, les étrangers fortunés qui transfèrent leur résidence fiscale en Italie peuvent bénéficier d’un impôt forfaitaire. Une flat tax à l’Italienne qui, à l’approche du Brexit, remporte un certain succès auprès de ressortissants britanniques.

Le 20 octobre dernier, la Commission européenne a ouvert des procédures d’infraction contre Chypre et Malte pour avoir vendu des visas dorés à de riches investisseurs – qui, du même coup, bénéficient de la citoyenneté européenne.

Mais ces deux États sont loin d’être les seuls en Europe à être prêts à tout pour attirer les expatriés fortunés. Ainsi l’Italie (où le taux d’imposition est normalement fixé à 43 % sur les revenus supérieurs à 75.000 euros) a inauguré en 2018 un régime fiscal plutôt avantageux pour les étrangers fortunés.

Un petit nombre de personnes très riches peuvent vivre le rêve italien en payant ce qui, pour eux, représente un modeste prélèvement : ils sont plusieurs centaines à s’acquitter du prélèvement forfaitaire de 100.000 euros par an.

Les bénéficiaires de cette flat tax à l’italienne pourront renouveler l’opération pendant quinze ans, après quoi ceux qui voudront continuer à vivre dans le pays seront soumis au régime d’imposition normal.

En 2019, l’Italie a approuvé 421 demandes de prélèvement forfaitaire de la part de résidents étrangers, contre 264 en 2018. Parmi les bénéficiaires, beaucoup de ressortissants britanniques fuyant le Brexit, mais pas seulement : “Savourant une ‘insalata caprese’ dans un restaurant chic de la campagne toscane, un ressortissant français mentionne l’une des dispositions les moins connues du régime fiscal italien : l’exonération des droits de donation et de succession. ‘Pour la plupart d’entre nous, c’est la raison du transfert”, explique-t-il.”

L’impôt forfaitaire réservé aux expatriés les plus riches n’est pas une mesure isolée mais s’inscrit dans une stratégie d’ensemble, précise le magazine économique. Ainsi l’Italie propose également des dispositifs spéciaux pour les retraités et les investisseurs étrangers prêts à s’installer dans les petites villes du sud du pays – notamment un prélèvement limité à 7 % pendant six ans.

The Economist