Italie : Le passe sanitaire désormais obligatoire pour tous les salariés

A partir de ce vendredi, les 23 millions de fonctionnaires et salariés du pays doivent présenter un justificatif de vaccination ou un test négatif pour travailler. Une mesure qui pourrait paralyser certains secteurs de l’économie.


Les manifestations de plus en plus violentes contre le passe sanitaire n’ont pas fait reculer Mario Draghi . A compter de ce vendredi, 23 millions de travailleurs italiens devront présenter un certificat de vaccination ou un test négatif valide de moins de 48 heures pour exercer leur profession, en plus de devoir porter un masque.

Les salariés qui se rendront à leur travail sans justificatif seront passibles d’une amende pouvant atteindre 1.500 euros. Ils seront suspendus sans rémunération mais ne pourront pas être licenciés. Seules les personnes qui, pour des raisons sanitaires, ne peuvent pas se faire vacciner (et qui peuvent le prouver) échapperont à cette nouvelle obligation.

Le télétravail ne saurait être un prétexte pour échapper à la nouvelle règle. Les employeurs qui ne feraient pas les contrôles encourent eux aussi des sanctions.

3,3 millions de travailleurs ne sont toujours pas vaccinés

L’obligation du passe sanitaire a été introduite par le gouvernement Draghi pour inciter la population à se vacciner. A ce jour près de 44 millions d’Italiens ont terminé le cycle vaccinal, soit 73 % de la population et 80 % des plus de 12 ans. Selon une estimation des autorités italiennes, 344.000 personnes ne sont toujours pas vaccinées dans le secteur public – dont 60.000 au sein des forces de l’ordre -, 2,2 millions dans le secteur privé et 740.000 professionnels exerçant en libéral. Soit un total d’environ 3,3 millions de travailleurs.

Les chiffres sont encore plus élevés dans des secteurs névralgiques tels que les transports, la logistique et le secteur agricole, où le travail au noir est courant. Quelque 20 % des employés des ports ne sont pas vaccinés, et 30 % des conducteurs de poids lourds. La plupart d’entre eux sont originaires d’Europe de l’Est et ont souvent reçu des doses de Spoutnik, vaccin qui n’est pas approuvé par l’Agence européenne des médicaments (EMA).

Poches de résistance

Dans le port de Trieste, où 60 % des employés ne sont pas vaccinés, les syndicats menacent de faire grève : « Nous n’accepterons aucun accord ou compromis tant que le passe sanitaire requis pour travailler ne sera pas aboli, non seulement pour les employés de notre port mais aussi pour tous les travailleurs du pays », peut-on lire dans un communiqué.

Les Echos