“J’aimerais être régularisé car j’aime ce pays” : l’unique souhait de Diabé, Malien à Lyon

C’est le premier d’une longue série, disent les manifestants. Un rassemblement a eu lieu ce vendredi devant la préfecture du Rhône. Le collectif des sans-papiers 69 et d’autres associations étaient présents pour réclamer la régularisation.

Ce vendredi, environ une soixantaine de personnes s’est rassemblée devant la préfecture du Rhône pour se mobiliser et réclamer la régularisation de tous les sans-papiers.

Parmi les manifestants, Habiba, mère de deux enfants arrivés depuis 6 ans, rejointe par son mari deux ans plus tard. « On voudrait une vie normale, comme tout le monde mais ce n’est pas possible. Mon mari ne peut pas être régularisé car il est là depuis seulement 4 ans », déplore-t-elle. « Mes enfants vont au lycée et au collège mais on ne peut pas travailler donc pas vivre correctement. On veut seulement travailler, pas d’aide ».

Ce rassemblement a tout d’abord commencé par une minute de silence pour rendre hommage à Bary Keita, ouvrier sans papier de 28 ans décédé sur un chantier. Puis, le silence a laissé place aux tambours, cris et chants. « Solidarité avec les sans-papiers », pouvait-on entendre. « Je suis venu manifester pour faire entendre ma voix. J’aimerais être régularisé car j’aime ce pays, c’est mon seul souhait », a expliqué Diabé, venu du Mali en 2015 et qui a déjà demandé l’asile en 2016, sans succès.

Avec la Covid-19 , les sans-papiers se plaignent de ne plus pouvoir travailler et demandent une activité salariée. « Auparavant, je m‘occupais de la plonge d’un restaurant. Sans contrat, je n’ai pas eu le droit au chômage partiel, c’est très difficile de survivre, cette situation s’est empirée avec la crise sanitaire », confie Diabé. Même son de cloche pour Mohamed, mais qui pense que la situation est bénéfique pour les patrons. « On travaille au noir mais c’est ce que veulent les patrons. On travaille plus de 70 heures par semaine pour toucher la moitié d’un Smic », s’indigne-t-il.

Un des organisateurs confie aussi la crainte pour ces personnes marginalisées. « Pour ces populations, la crise sanitaire actuelle est en train de devenir une véritable bombe sanitaire », estime-t-elle.

Tous les vendredi à 14 heures, de nouveaux rassemblements auront lieu devant la préfecture. « Nous reviendrons à coup sûr », annonce Najeh, une des fondatrices du collectif.

Le Progrès