Japon : Trafic de vaccins chinois auprès des hommes d’affaires

Au Japon, la campagne de vaccination n’a pas encore débuté, mais les polémiques sont déjà là. Un trafic de vaccins produits par la société chinoise Sinopharm auprès des grands patrons nippons, vient d’être révélé.

Le 12 décembre, dans le centre-ville de Tokyo, le patron d’une très célèbre entreprise informatique se rend dans une clinique avec sa femme. Dans la salle de consultation, le responsable de l’établissement et un ami chinois de longue date les attendent. “Êtes-vous vraiment sûrs que cela ne nuit pas à la santé?” leur lance, angoissé, l’homme d’affaires. Son ami acquiesce, sourire aux lèvres : “Ne vous inquiétez pas pour les effets secondaires, vous aurez peut-être des courbatures mais c’est quelque chose de banal pour tous les vaccins.”

L’homme sort du frigo une boîte en métal dans laquelle se trouvent deux seringues et un récipient de 5 millilitres labellisé “Covid-19” et “vaccin contre le nouveau coronavirus” en mandarin. Selon son explication, celui-ci a été fabriqué par l’entreprise chinoise Sinopharm. Après la piqûre – qui ne dure même pas cinq minutes –, le patron lâche : “Après tout, c’est juste un vaccin, on s’était peut-être trop inquiété.” Et glisse deux billets de 10.000 yens (80 euros) dans la main de son ami chinois.

Le journal s’est procuré une liste d’une vingtaine de clients où figurent les patrons des plus grandes entreprises japonaises, dont un proche du Premier ministre, Yoshihide Suga. Un client justifie sa décision en avançant la nécessité d’assister aux dîners d’affaires. “Si je contractais le virus, on me reprocherait de ne pas avoir fait suffisamment attention au risque d’infection. Ce serait une faute professionnelle que je ne peux commettre”, avoue-t-il.

Accointances avec le Parti communiste

Ainsi opère le trafic de vaccins chinois au Japon. Il faut rappeler que le début de la campagne de vaccination est prévu pour fin février dans l’archipel, où les vaccins chinois ne sont pas autorisés. Et le procédé de l’homme chinois, consistant à importer des vaccins de l’étranger dans le but de les revendre sans l’accord des autorités sanitaires, est “probablement contraire à la loi sur la sécurité des produits médicaux”.

À partir du mois de novembre, des patrons d’entreprise et leurs proches, soit18 personnes au total, se sont fait vacciner. Aux manettes de cette opération, un conseiller chinois qui fait office d’importateur en faisant valoir ses accointances avec un cadre du Parti communiste de son pays”.

Nous cherchons des profils de clients bien ciblés”, affirme le fameux conseiller chinois. Ce dernier, qui a beaucoup de contacts dans la haute société nippone,admet en effet qu’un cadre du Parti communiste chinois (PCC) lui avait demandé en septembre de “coopérer avec les entreprises pharmaceutiques du pays” pour que “leurs vaccins aient plus de soutien” au Japon.

Opération diplomatique

Tokyo a déjà des accords avec les entreprises occidentales comme Astra Zeneca, Pfizer et Moderna, et il est à ce stade peu probable que les autorités japonaises changent de fournisseurs. Or, ces substances produites par les sociétés occidentales, dites “vaccins à ARN messager” ou “vaccins à vecteurs viraux”, n’ont jamais été commercialisées à cette échelle et leur vraie efficacité reste à prouver.

Ce qui n’est pas le cas pour les vaccins chinois de type “inactivé”, produits avec une technologie plus classique, même si leurs données d’essais cliniques manquent de transparence. Le cadre du PCC aurait glissé au conseiller : “Si les vaccins occidentaux se révélaient inefficaces, Tokyo reviendrait vers nous pour demander de l’aide. C’est une opération qui prépare le terrain.

Ventes sur le dark web

Pékin mène actuellement une campagne de promotion de vaccins développés parles entreprises chinoises auprès des pays étrangers. Le pays en fournit déjà dans les pays comme la Turquie, le Brésil et l’Indonésie. “Dans le cadre du projet de nouvelles routes de la soie, Xi Jinping prône les ‘routes de la soie de santé’, pour étendre son influence politique et diplomatique à travers le vaccin”.

Il est possible que le trafic au Japon fasse partie de l’opération”. Quant à la commercialisation illégale de vaccins, elle fait déjà rage en Chine, pays pratiquant une politique de vaccination ciblée sur des profils spécifiques (les personnels de santé et de douane et les diplomates sont prioritaires, tandis que les autres devront attendre), et Europol a déjà constaté des ventes de vaccins des sociétés occidentales à l’état expérimental sur le dark web, réseaux d’Internet accessible seulement à partir de certains logiciels et qui fait le lit de trafics illégaux en tout genre.

Mainichi Shimbun

One thought on “Japon : Trafic de vaccins chinois auprès des hommes d’affaires

  • Avatar

    Accointances avec le Parti communiste

Commentaires fermés.