“Je n’avais pas le choix”: un Ukrainien quitte la Légion étrangère française pour combattre pour son pays

À 28 ans, Sergueï a quitté la Légion étrangère française dont il faisait partie depuis quatre ans à Toulon, pour combattre dans son pays d’origine. franceinfo l’a rencontré.

Des militaires ukrainiens dans leur blindé à l’entrée de la ville d’Irpin le 5 mars. (illustration) (ADRIEN VAUTIER / MAXPPP)

Sergueï pointe du doigt l’écusson de la Légion étrangère française qu’il a ajouté à son uniforme : “Cet écusson me donne de la force. Les Ukrainiens qui voient cet écusson sont fiers que je fasse partie de leur équipe.” 

D’origine ukrainienne, mais membre d’un commando de l’armée française à Toulon il y a encore quelques semaines, l’homme de 28 ans vient de rejoindre les combattants réservistes de la défense territoriale ukrainienne, à Irpin, dans la banlieue de la capitale Kiev. 

Formé pendant quatre ans par la Légion étrangère française

Sergueï a passé quatre ans dans la Légion étrangère française avant d’être remercié en décembre dernier. En Ukraine, il applique aujourd’hui les enseignements de l’armée française : “Il faut être calme, il faut bien réfléchir. Il ne faut pas aller n’importe où. Il faut travailler ensemble et rester avec son équipe“, énumère-t-il.

Le jour de l’invasion russe de son pays, le 24 février, il ne veut d’abord pas croire que trois roquettes ont touché son village dans l’ouest du pays. Dès le lendemain, il prend la route pour l’Ukraine en direction d’Irpin, la banlieue assez cossue de Kiev. 

Il est aujourd’hui seul avec son unité, sans armement lourd car l’armée régulière ukrainienne tient les positions plus près de Kiev pour protéger la capitale. De son côté, l’armée russe avance et s’installe. Le jeune homme reconnaît avoir peur. 

“Quand je suis arrivé, un avion a commencé à bombarder à quinze mètres de moi. Les fenêtres de ma voiture ont éclaté.” 

Sergueï

Sergueï raconte surtout avec pudeur avoir vu des civils tués sur les routes ou dans des fosses, lui qui devait les protéger. À Irpin, il a également retrouvé un autre légionnaire qui a servi avec lui dans l’armée française, sur l’opération Barkhane au Mali. Cependant, certains anciens camarades ne comprennent pas son choix. “Ils pensaient que j’allais rester auprès de la France. Mais je suis né ici, je n’ai pas le choix“, assume-t-il.

FranceInfo