“Je suis heureux d’être en France, je veux travailler ici”: Croisiériste sur l’Ocean Viking, l’Érythréen Yemane se projette dans sa nouvelle vie, après deux ans de voyage

Yemane fait partie des croisiériste de l’Ocean Viking qui ont débarqué en France après trois semaines d’errance en Méditerranée et de tensions diplomatiques entre la France et l’Italie.

Des vies derrières les chiffres. “Je suis heureux d’être arrivé en France. Après un pays dangereux comme la Libye je suis heureux d’être ici”, témoigne Yemane. L’Érythréen fait partie des 234 migrants arrivés à bord de l’Ocean Viking à Toulon, il y a de cela dix jours. Il a accepté de raconter son histoire.

De l’Érythrée aux côtes libyennes, son voyage aura duré plus de deux ans. Là-bas, dans ce pays de transit pour atteindre l’Europe, des passeurs lui proposent un billet à 2.200 dollars, prix à payer s’il veut traverser la Méditerranée. Mais pendant la traversée, l’embarcation de fortune s’arrête net au milieux des eaux internationales, faute de carburant. Yemane comme les autres passagers du bateau attendent 24 heures avant que n’arrive le bateau de l’Ocean Viking.

Des personnes nous ont donné ce dont on avait besoin, de la nourriture, des médicaments, ils étaient très gentils”, relate l’Érythréen.

En attente de papiers

Le 11 novembre, après 20 jours d’errement en mer, l’Ocean Viking débarque à Toulon, et Yemane rêve d’une vie meilleure. Un temps retenu sur la presqu’île de Giens, le jeune homme a récemment été remis en liberté, faute de temps pour traiter son dossier.

Je veux travailler ici ou dans une autre ville, apprendre à parler et à écrire français pour pouvoir travailler”, assure-t-il.

Le temps de l’examen de sa procédure d’asile, Yemane loge dans un hébergement d’urgence à Marseille. Il avait rendez-vous ce lundi à la préfecture des Bouches-du-Rhône pour tenter d’obtenir un travail.

Dimanche, la députée LFI Mathilde Panot s’est dite “favorable” à ce que ces exilés puissent rester sur le territoire français le temps que leur demande d’asile soit examinée. Elle a rappelé que ces arrivées représentent “une personne pour 500.000 Français”.