“Je veux rentrer chez moi” : Ces expats que la vie à l’étranger ne fait plus rêver à cause du coronavirus

Temps de lecture : 4 minutes

Le rebond de l’épidémie de Covid-19 dans de nombreux pays et les restrictions de voyage qui l’accompagnent sont à l’origine d’une nouvelle vague de retours chez les expatriés.

La vie d’expat n’est décidément plus ce qu’elle était, constatait cet été le magazine Bloomberg Businessweek, qui se demandait si ce mode vie allait survivre au Covid-19. Alors que la deuxième vague de la pandémie touche de plus en plus de pays, le Financial Times a recueilli à son tour les témoignages d’expatriés pourtant parfaitement aguerris qui se sont soudain décidés à réviser tous leurs plans.

Installée depuis sept ans à Singapour, l’Australienne Nikki Martin, responsable marketing de 37 ans, a suivi avec anxiété, depuis la fin janvier, l’évolution de la pandémie. De crainte de se retrouver prise au piège dans son petit appartement de la cité-État avec un enfant en bas âge et un bébé, elle a saisi la première opportunité pour regagner l’Australie. À Bloomberg Businessweek, elle confie : “J’ai rempli quelques valises et c’est tout. Trente-six heures plus tard, nous étions dans l’avion.”

“Fini les week-ends à Bali et les escapades à Phuket”

Actuellement hébergée chez ses parents à Brisbane, dans le nord-ouest de l’Australie, Nikki Martin attend l’arrivée du conteneur qui a traversé l’océan Indien avec le reste de ses affaires :

Nous sommes encore en transit en attendant de déménager à Melbourne. Mais au moins nous ne sommes pas enfermés dans un appartement : nous avons un jardin – et l’aide de ma mère. Le fait d’être expatriée depuis longtemps m’avez fait oublier les petites choses du quotidien : bavarder au café du coin, profiter de l’espace et de l’air frais. Je considère que j’ai
beaucoup de chance.

La pandémie affecte tous les aspects du mode de vie des expats, souligne
Bloomberg et, en Asie comme ailleurs, ils sont de plus en plus nombreux à
plier bagage :

Fini les week-ends à Bali et les escapades sans souci à Phuket ! Les
grands-parents et les parents semblent soudain très loin et la crainte de se
retrouver confinés dans un pays dont on ne parle pas forcément la langue,
avec à sa tête un gouvernement plus disposé à aider ses propres citoyens
que les travailleurs étrangers, est bien réelle.

À Singapour, la montée d’un sentiment anti-étrangers

Tara, une expatriée britannique s’est elle aussi sentie prise au piège à Singapour. Les règles de quarantaine très strictes appliquée par la cité-État, où les voyageurs doivent se confiner à leurs frais dans l’hôtel qui leur est assigné par les autorités, ont précipité sa décision de rentrer.

La possibilité de voyager facilement – l’une des raisons qui nous avait fait
choisir de vivre là-bas – n’existait plus. La montée du sentiment anti-
étrangers a été un autre facteur.

La pandémie n’a fait souvent que s’ajouter aux pressions qui s’exerçaient déjà sur le mode de vie des expatriés. Les entreprises occidentales implantées dans les pays du Golfe comme Oman ou l’Arabie saoudite préfèrent aujourd’hui avoir recours à du personnel local.

En Asie, elles ne tiennent plus à ce que leurs équipes dirigeantes soient entièrement composées d’expatriés occidentaux, notamment quand elles ont affaire aux gouvernements ou aux administrations locales.Mais le Covid-19 a bel et bien un impact décisif si l’on en croit une enquête de la société de services immobiliers Knight Frank, qui dispose d’un solide réseau à l’international, auprès de sa clientèle.

Près des deux tiers des expatriés (64 %) interrogés par Knight Frank déclarent que le confinement et les restrictions de voyage ont été déterminants dans leur décision d’acheter une maison dans leur pays d’origine. Parmi eux, 29 % environ précisent que leur retour est définitif alors qu’ils sont 57 % à rechercher une maison où ils pourraient éventuellement vivre à l’avenir si la pandémie devait durer.

Un facteur décisif : le système de santé

Selon l’enquête de Knight Frank, les quatre principales motivations des expatriés qui souhaitent rentrer chez eux tiennent à des raisons familiales (ils ne veulent plus être aussi éloignés de leurs parents), à une nouvelle opportunité professionnelle, au souci de bénéficier d’un meilleur système de santé et à l’éducation de leurs enfants.

La crainte de ne pas pouvoir pleinement bénéficier du système de santé australien en tant que résidents non permanents a récemment dissuadé Sabine, une expatriée allemande de 54 ans installée depuis longtemps en France, et son mari de partir pour l’Australie :

ll y a dix-huit mois, nous avions prévu de déménager en Australie avec l’une de nos trois filles, mais nous avons estimé que notre projet était trop risqué à cause de la structure de leur système de santé et des restrictions
permanentes sur les voyages aériens. La deuxième vague de la pandémie
nous a convaincus de rester en Europe.

Pour ce couple d’expatriés qui vient de mettre en vente la maison d’hôtes qu’il gérait à Avignon et qui a finalement décidé de rentrer en Allemagne, c’est la qualité du système de santé allemand qui constitué le facteur décisif.

Les écueils du retour au pays

Mais le retour “chez soi”, qu’il soit contraint ou choisi, peut être une expérience difficile. Aux multiples écueils logistiques aggravés par la crise sanitaire mondiale et aux éventuelles péripéties professionnelles s’ajoutent souvent des difficultés relationnelles et psychologiques, dont les expatriés font état.

Pour la Britannique Carole Hallett Mobbs, par exemple, le retour au Royaume-Uni a été plus éprouvant que tous les déménagements qui ont rythmé sa vie d’épouse de diplomate :

Lorsque vous déménagez à l’étranger, vous êtes accueilli dans une bulle
d’expatriés, par le biais de groupes sociaux ou de l’école internationale,
mais lorsque vous rentrez chez vous, vous avez l’impression que personne
ne veut de vous.

Et l’ex-expatriée n’hésite pas à évoquer un véritable “choc culturel inversé” qui peut être très déstabilisant :

Lorsque vous déménagez dans un pays inconnu, vous ressentez chaque
jour une poussée d’adrénaline due à de nouvelles expériences ou à des
différences culturelles. Tout est nouveau et excitant. Quand vous rentrez
chez vous, tout paraît trop familier. Tout à coup, il n’y a plus rien qui
vous surprenne.

Financial Times

2 Commentaires

  1. Pas sûr que ce soit une bonne idée avec la covidmania en France,la fiscalité de malade et l’invasion bougnègre.

  2. Les prétendants à l’hyper classe, grands gagnants du Monopoly globaliste, citoyens du monde pour qui la planète n’est qu’un gros village se réveillent avec la gueule de bois.

    Syndrome ET, maiiiison.

Les commentaires sont fermés.