Jean-Luc Mélenchon, combien ça coûte ?

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Depuis son élection comme conseiller municipal en 1983, Jean-Luc Mélenchon a passé près de 40 ans à vivre de ses mandats publics. Les Français en ont-ils eu pour leur argent ?

C’est en 1986 que la vie, la vraie, commence enfin : Jean-Luc Mélenchon est élu parlementaire.

Ses quatorze années sénatoriales furent très inégales : une seule proposition de loi ou de résolution déposée durant la session 1991/1992, cinq entre 1993/1994, deux en 1996/1997, six en 1998/1999, deux en 1999/2000…

En 2009, Jean-Luc Mélenchon s’essaye aux affaires européennes : il est député européen jusqu’en 2017. Durant ses deux mandats au Parlement européen, le leader de La France Insoumise était un des députés au taux de présence le plus faible : 698 ème sur 766, selon VoteWatch.

Des années pourtant enrichissantes à tout point de vue : entre les 4 243 euros annuels de frais de déplacement, les 4300 euros mensuels de frais généraux, le salaire brut mensuel de 8 020 euros et les 104 euros par jour de prime de présence, cela représente plus de 10 000 euros minimum par mois !

Entre 2009 et 2017, c’est donc plus d’un million d’euros qui furent durement gagnés.

Cette somme pharamineuse au regard du salaire médian français vient-elle récompenser une expertise particulière ?

Cela aurait pu être le cas entre 2009 et 2014, puisque Jean-Luc Mélenchon était l’un des vice-présidents de la commission des Affaires étrangères, mais il n’y a pas siégé une seule fois.

Comme il le dit lui-même, « est-ce que c’est pas le moment de dire que le problème c’est celui de ceux qui se gavent ? » (Tourcoing, 2012).

Cette expérience européenne a toujours des conséquences aujourd’hui, puisqu’il est soupçonné depuis 2018 de détournement de fonds publics dans les enquêtes portant sur des emplois fictifs parmi les assistants parlementaires européens.

On imagine qu’une telle situation est l’occasion d’appliquer sa maxime : « Quel que soit le problème, la solution est le peuple », ou plus exactement, le contribuable.

Le Monde rapporte que, selon plusieurs sources proches du dossier, une « zone tampon » tacite aurait été accordée au camp Mélenchon, leur leader ne devant pas être convoqué devant les juges avant l’élection présidentielle.

Cette délicate concession des magistrats aurait pour but de ne pas se voir accuser de mener une instruction politique ; on s’étonne dès lors que ce beau geste ne vaille pas également pour Marine Le Pen, soupçonnée des mêmes faits.

Jean-Luc Mélenchon arrive à l’Assemblée nationale en 2017 et entre à la Commission des Affaires étrangères ; cette dernière sera davantage honorée que sa version européenne.

Il faut dire que la députation nationale semble enflammer son imaginaire symbolique : « Vous n’avez pas le droit de me toucher ! Personne ne me touche, ma personne est sacrée. Je suis parlementaire. Pour vous en convaincre… C’est moi Mélenchon avec mon écharpe tricolore… ».

Un symbole lucratif : le montant brut de l’indemnité parlementaire s’élève à 7 240 euros, soit 434 400 euros sur cinq ans.

Lorsque l’on voit tout l’argent public que Jean-Luc Mélenchon a touché, et ce qu’il a apporté en retour, on serait bien tenté de dénoncer avec lui « ce monde écœurant où l’accumulation des uns se nourrit de la détresse des autres ».

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