Jean-Luc Mélenchon : La violence assumée, le fascisme fantasmé et le silence des médias

Par Raphaël Stainville

Jean-Luc Mélenchon a compris qu’il ne sera jamais « élu Premier ministre ». Il ne lui reste que la violence pour espérer accéder au pouvoir. Et le pire, c’est qu’il ne se trouve aucun éditocrate pour dénoncer les dérives fascistes de notre Che Guevara en toc.

Le plus surprenant dans ce que vous allez lire, c’est que personne n’en a parlé. À l’exception de Mathieu Bock-Côté, qui consacrera une de ses chroniques sur CNews à cette affaire, personne ne s’est émue que Jean-Luc Mélenchon – puisque c’est de lui dont il s’agit – appelle ses militants à répondre par la violence à “l’extrême droite”. Le propos est public. Assumé et revendiqué. « Vous autres, les militants, va falloir commencer à vous organiser camarades, parce que nous, à Marseille, on a dû y aller avec des méthodes impactantes », fanfaronnait lundi 14 novembre le leader de la France insoumise en meeting à Clermont-Ferrand.

Avez-vous entendu un seul de nos défenseurs intraitables de notre état de droit s’inquiéter que Jean-Luc Mélenchon invite ses militants à se constituer en milice ? Avez-vous entendu un seul éditocrate à la mode dénoncer le ton belliqueux de notre Che Guevara en toc ? Rien. Pas une ligne dans la grande presse. Pas un procureur de la République pour ouvrir une enquête pour incitation à la haine et la violence. Rien.

Imaginez maintenant le tollé politique, le scandale médiatique, les Unes assassines, les pétitions enflammées des intellectuels de Saint-Germain-des-Près, si Marine Le Pen ou Éric Zemmour s’étaient laissés à de pareils emportements… Tout sourire, bras dessus, bras dessous, Jean-Luc Mélenchon s’affiche avec Raphaël Arnault, le porte-parole de la jeune garde, un groupuscule antifasciste qui se vante de faire la chasse aux droitards ?

La République, c’est moi » ? Une manière de dire que la violence légitime, c’est lui.

Après tout, il y a une logique à cela. N’est-ce pas Jean-Luc Mélenchon, alors que le siège de la France insoumise était perquisitionné, qui proclamait : « La République, c’est moi » ? Une manière de dire que la violence légitime, c’est lui. Et les médias d’acquiescer sans broncher. Comme si cela relevait de l’évidence. Quand les antifas vandalisent un restaurant à Marseille parce qu’Éric Zemmour s’y est arrêté, quand des colleurs d’affiche du RN ou de Reconquête sont brutalisés par des milices d’extrême-gauche, se trouve-t-il un responsable politique de gauche pour dénoncer cette violence ? Se trouve-t-il un ministre de l’Intérieur pour dissoudre ces groupuscules antifascistes qui sèment la terreur et revendiquent de le faire quand Gérald Darmanin – pour ne pas le nommer – s’empresse à l’inverse de dissoudre Génération identitaire dont les actions médiatiques, inspirées entre-autre de celles de Greenpeace, n’avaient rien de violentes ?

La macronie est toujours prompte à souscrire aux fables de Jean-Luc Mélenchon dès lors que ses délires permettent de disqualifier la droite. Jean-Luc Mélenchon explique ainsi qu’à Lille et Lyon « des milices » d’extrême droite contrôleraient des gens qui passent dans la rue. Idem dans les bus. « Ils foutent la trouille à la trouille à tout le monde, en tabassant des gens » , argumente-t-il ? On croît rêver. La réalité qu’il décrit ressemble pourtant à s’y méprendre à ce qui se passe dans nombre de cités et de quartiers conquis par l’islamisme. Mais de cette réalité, Jean-Luc Mélenchon ne souffle mots.

À une extrême-droite fantasmée, l’extrême-gauche répond par une violence assumée. Vingt ans que « le théâtre de l’antifascisme » prospère, prend de l’ampleur, se décline à l’infini sur tous les tons, tous les combats. Un antifascisme sans fascisme. Un antifascisme devenu, pour reprendre l’expression de Gilles-William Goldnadel, « un fascisme d’extrême-gauche ». L’extrême-gauche n’en finit plus d’étendre ses méthodes impactantes pour museler, interdire, disqualifier ceux qu’elle désigne comme ses ennemis.

C’est Ariel Weil, le maire du 3e arrondissement de Paris qui annule un colloque sur l’enfance après avoir reçu des menaces de militants et d’activistes trans qui s’opposent à la présence de deux intervenants suspectés de ne pas souscrire suffisamment à l’idéologie trans. Ce sont les écologistes eux-mêmes qui actent la fin des manifs de bisounours et militent pour « une écologie de combat ». La violence d’extrême gauche est légitime. C’est le sacre des Blacks blocs. Jean-Luc Mélenchon a compris qu’il ne sera jamais « élu Premier ministre ». Il ne lui reste que la violence pour espérer accéder au pouvoir.

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