Journée internationale des droits de l’enfant : La difficulté des jeunes migrants non reconnus comme mineurs

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Comment vit-on quand on est un jeune migrant qui débarque en France ? Les mineurs sont pris en charge par l’aide sociale à l’enfance. Ils vont à l’école, ils sont placés dans des familles ou dans des structures spécialisées, et suivi par des éducateurs. En octobre 2020, il y en avait 266 dans le département de la Somme. 

Tout l’enjeu pour ceux qui arrivent en France, c’est de pouvoir prouver qu’ils ont moins de 18 ans. Mais ce n’est pas toujours simple. Ibrahim est arrivé à Amiens il y a trois mois, après un long périple depuis la Côte d’Ivoire. A son arrivée, il s’est rendu à l’aide sociale à l’enfance (ASE), qui fait une pré-évaluation de son âge. La personne “m’a interviewé 5 minutes et c’est tout”, explique-t-il. “Elle m’a demandé comment j’étais arrivé en France. Je lui ai tout expliqué. Elle m’a demandé si j’avais mes papiers d’identité”.

Le jeune homme lui montre un extrait de naissance qui indique qu’il est né en 2004, et une attestation de nationalité ivoirienne, sur lequel figure également son âge, 16 ans. Mais la personne de l’ASE doute du fait que ce document soit le sien. Il n’est donc pas considéré comme un enfant pour les services sociaux. 

Et les conséquences sont de taille : il n’a le droit ni à hébergement ni d’aller à l’école. Il loge chez une personne qu’il a rencontré dans la rue. Et il souhaiterait aller à l’école “pour apprendre l’arithmétique et la lecture”.  Ibrahim a déposé un recours en justice pour tenter de passer des examens approfondis qui prouverait qu’il est un enfant. Une démarche qui peut durer plusieurs mois. 

Pauline Mazolay de l’association La Boite sans projet, l’accompagne dans sa démarche. Elle pointe du doigt l’accueil de l’ASE : “recevoir quelqu’un 10 minutes, ce n’est pas légal. Il y a un arrêté de novembre 2019 qui définit les modalités d’évaluation. A L’ASE il font une pré-évaluation, qui n’est pas une évaluation globale” qui sert à envoyer ou non les personnes faire des examens plus complets. “Sauf que comment décider en 10 minutes de si quelqu’un est mineur ou non ?”.  

Elle rappelle aussi qu’il doit y avoir “une mise à l’abri systématique le temps qu’une évaluation complète se fasse”. Elle plaide notamment pour la création d’un poste supplémentaire d’évaluateur, ainsi que de places supplémentaires en foyers pour mineurs. […]

France Bleu