JP Morgan Chase : ce qu’il faut savoir sur la banque américaine que Macron inaugure ce mardi à Paris

Née en 2000 de la fusion de plusieurs institutions financières, JP Morgan Chase est aujourd’hui la plus grande banque des États-Unis et l’une des plus importantes au monde. La décision du Royaume-Uni de quitter l’UE pousse l’entreprise à miser sur la France afin de poursuivre son développement européen. Emmanuel Macron inaugurera ses nouveaux locaux de mardi matin à Paris.

La crise liée à la pandémie de nouveau coronavirus n’est pas encore totalement écartée, mais le gouvernement tente déjà de relancer son économie, notamment par le biais de la quatrième édition du forum « Choose France », lancé lundi au Château de Versailles.

Ce mardi 29 juin, la deuxième journée de cet événement sera consacrée à la finance, avec en point d’orgue l’inauguration par Emmanuel Macron des nouveaux locaux parisiens de la banque JP Morgan Chase, désormais installée dans la capitale française après avoir tourné le dos au Royaume-Uni à la suite du Brexit. L’entreprise américaine entend ainsi faire de ce nouveau site la plaque tournante de ses activités de marché en Europe.

Jusqu’à 800 salariés annoncés dans les bureaux parisiens

Cent quarante salariés travailleront au sein de ce « hub européen », situé Place du Marché Saint-Honoré, dans le 1er arrondissement. L’immeuble de sept étages est en capacité d’accueillir jusqu’à 450 personnes. À la fin de l’année 2022, les différents bureaux de l’entreprise dans la capitale accueilleront un total de 800 personnes. À travers le monde, les effectifs avoisinent les 260 000 personnes.

L’installation de JP Morgan Chase est loin d’être anodin. Plus grande banque des États-Unis, celle-ci fournit non seulement des services bancaires aux particuliers, mais œuvre également en tant que banque d’investissement, tout en proposant des services bancaires commerciaux, ainsi que la gestion d’actifs aux particuliers, aux entreprises, aux institutions et aux gouvernements du monde entier.

Un chiffre d’affaires de 120 milliards de dollars en 2020

Avec des actifs estimés à plus de 3 400 milliards de dollars et des opérations dans le monde entier, la valeur sur le marché de la société américaine est estimée à près de 310 milliards de dollars, avec un chiffre d’affaires de 120 milliards l’an passé en dépit de la pandémie de Covid-19.

JP Morgan Chase ne se contente pas d’investir à Paris et en Europe, puisqu’elle vient d’acquérir 40 % des parts de la banque brésilienne C6, forte de 7 millions de clients en Amérique du Sud, et qu’elle développe par ailleurs son implantation à Hong Kong afin de rayonner sur le marché asiatique.

Une implantation accompagnée d’aides pour la France

Florissante, l’entreprise se plaît aussi à mettre en avant ses actions de proximité, notamment en faveur des associations et des communautés locales. L’annonce de son implantation en France s’est d’ailleurs accompagnée d’une enveloppe de plus de 4,3 millions € destinée à venir en aide aux jeunes et aux chômeurs de longue durée installés dans les zones les sensibles et vulnérables de Paris et sa banlieue. 14 millions de dollars ont en outre déjà été engagés dans le projet du Grand Paris, sur une promesse d’investissement de 30 millions.

À l’échelle mondiale, la banque a aussi annoncé au printemps dernier son intention de consacrer plus de 2 500 milliards de dollars, dans les dix années à venir, au financement de projets destinés à lutter contre le réchauffement climatique et à favoriser le développement durable.

Faire oublier la crise des subprimes

En injectant de telles sommes, JP Morgan Chase mène, tout comme le président de la République, une opération destinée à séduire l’opinion publique et les acteurs économiques, mais s’achète aussi une conduite, moins de quinze ans après la crise des subprimes. Cette crise financière née aux États-Unis en juillet 2007 eut un impact majeur à travers le monde, suite à l’effondrement de la valeur des biens immobiliers aux États-Unis.

Par le biais de sa filiale Washington Mutual, JP Morgan Chase fut en effet l’un des principaux acteurs du secteur des prêts hypothécaires à risques et par conséquent de la crise. En novembre 2013, un accord à l’amiable a d’ailleurs été conclu entre la banque et le département américain de la justice. La société a implicitement reconnu sa responsabilité et s’engageait à débourser 13 milliards de dollars, dont 2 milliards d’amende, et 4 milliards d’indemnisation aux particuliers.

En septembre 2020, l’entreprise américaine a également accepté de payer 920 millions de dollars pour avoir manipulé les cours sur les marchés des métaux précieux et des bons du Trésor, soit la plus grosse sanction financière jamais imposée dans une telle affaire.

Ouest – France