La Banque postale perd 30.000 dossiers de prêts à cause d’une erreur d’archivage

Un prestataire de la banque, spécialiste de l’archivage, a supprimé des dossiers de crédits immobiliers par erreur. La grande majorité d’entre eux avaient déjà été remboursés, assure le groupe. L’entreprise n’a pas encore chiffré le montant total du préjudice de ces destructions accidentelles.

C’est une mésaventure qu’aucune banque ne souhaiterait vivre – et dont chaque emprunteur rêve secrètement. A La Banque Postale , 30.000 dossiers de prêts immobiliers ont été détruits par erreur l’an dernier, lors d’une opération d’archivage qui a mal tourné.

Comme le rapporte Le Canard Enchaîné ce mercredi, la filiale du groupe La Poste a été victime d’une regrettable confusion de la part d’une entreprise prestataire, spécialisée dans l’archivage de documents.

En janvier 2020, celle-ci a emporté et supprimé 2.052 caisses contenant environ 30.000 dossiers d’emprunts immobiliers, quand sa mission originale était de supprimer… 2.052 dossiers.

Contactée, La Banque Postale relativise l’incident, en précisant que la très grande majorité de ces crédits – entre 80 et 90 %, selon nos informations – avaient d’ores et déjà été remboursés. Et le capital restant à payer pour ceux encore « actifs » serait limité, car il s’agirait de dossiers anciens.

Par ailleurs, l’établissement rappelle qu’en matière de crédit immobilier, les impayés ne représentent que 1 % du total. « C’est davantage un risque d’image qu’un risque financier », assure une source bancaire.

Pas de copie numérique

Pour les dossiers disparus, mais dont le crédit court toujours, il sera en revanche difficile pour la banque de réclamer son dû, si l’emprunteur venait à ne plus payer. En effet, compte tenu de l’ancienneté des emprunts en question, il existe très peu de copies numériques de ces dossiers.

Et un éventuel recours contre un client, en cas de contentieux, nécessite de produire un document original. Ce que la banque n’a plus… « Cette défaillance d’un expert reconnu en matière d’archivage sur le secteur de la banque et de l’assurance n’aura aucun impact sur la protection des droits des clients de La Banque Postale », commente le groupe.

Le sujet pourrait toutefois intéresser le superviseur financier. Des règles existent en effet pour assurer la conformité de l’archivage des dossiers de crédits. Leur non-respect peut entraîner des sanctions, financières notamment.

La filiale de La Poste estime ne pas avoir grand-chose à se reprocher, ayant notamment fait preuve de vigilance dans le choix de ses partenaires. Reste à espérer pour la banque qu’elle ne compte pas trop de mauvais payeurs parmi ses clients.

Les Échos