La Camerounaise Djaïli Amadou Amal, finaliste du Goncourt, raconte la polygamie et les mariages forcés

Temps de lecture : 2 minutes

Bienvenue dans un monde où « l’amour n’existe pas avant le mariage » parce qu’« on n’est pas chez les Blancs », où « la polygamie est indispensable pour le bon équilibre du foyer conjugal », et où « une femme heureuse se reconnaît à ses voyages à La Mecque et à Dubai, à ses nombreux enfants et à sa belle décoration intérieure ».

Bienvenue dans un monde où les hommes invoquent le Coran à tout bout de champ pour lui faire dire ce qui les arrange, et où, parce qu’elles sont livrées à une concurrence féroce, « il n’y a pas pire ennemie pour une femme qu’une autre femme ». Bienvenue dans un monde où même les mieux intentionnés n’ont qu’un mot à la bouche : « Patience, mes filles ! Munyal ! Telle est la seule valeur du mariage et de la vie. » […]

Musulmane convaincue

Ce monde, Djaïli Amadou Amal le connaît trop bien. Elle a subi deux maris épouvantables dans sa jeunesse avant de créer l’association Femmes du Sahel, d’épouser un ingénieur-écrivain et de se lancer elle-même en littérature. Dans « les Impatientes », paru une première fois au Cameroun en 2017, et finaliste inattendu du prix Goncourt 2020, cette musulmane convaincue démonte avec minutie les mécanismes de la polygamie et du mariage forcé, en laissant trois personnages féminins raconter leurs calvaires. C’est courageux, engagé, édifiant dans tous les sens du terme. Trop édifiant, peut-être ? Tout dépend de ce qu’on attend d’un roman.

Née en 1975 à Mouara (Cameroun), Djaïli Amadou Amal a publié dans son pays trois romans marqués par son engagement féministe : « Walaande, l’art de partager un mari » (2010), « Mistiriijo la mangeuse d’âmes » (2013), et enfin « Munyal, les larmes de la patience » (2017), qui, édité en France en 2020 sous le titre « les Impatientes », figure parmi les finalistes du prix Goncourt et s’est à ce jour vendu à 10.000 exemplaires.

Le Nouvel Obs