La chanteuse française Yseult accusée d’exil fiscal après son départ pour la Belgique

Yseult a confié dans une interview au Guardian qu’elle avait quitté la France pour aller s’installer à Bruxelles, selon elle plus « éclectique » et plus accueillante avec la diversité. Mais selon ses détracteurs, elle pourrait avoir une autre motivation.

Yseult fait beaucoup parler d’elle pour ses positions militantes. Féministe, elle dénonce le sexisme, la grossophobie, et le racisme qu’elle subit au quotidien. Dans une interview accordée au quotidien britannique The Guardian le 26 mars dernier, la chanteuse confiait son ressenti : « En France, je me sens blâmée pour être simplement moi-même ». C’est en partie pour cela qu’elle a décidé, il y a trois ans, de partir vivre en Belgique. Elle s’est installée à Bruxelles, une ville bien plus « éclectique » à ses yeux : « Ses habitants accueillent la diversité et sont plus sincères concernant leur passé colonial, ce qui est un sujet complètement tu en France », a-t-elle expliqué au Guardian. 

Une déclaration qui a fait polémique en raison d’une traduction approximative : en version originale, Yseult dit que les Belges « are coming to terms » avec leur passé colonial. Cette expression peut se traduire de plusieurs manières, en disant qu’ils font preuve « de davantage de sincérité », qu’ils « essayent de plus faire face » ou encore qu’ils « composent avec » ce passé. Mais une autre version a fait les gros titres.

Yseult soupçonnée d’exil fiscal par ses détracteurs

L’expression « coming to terms » a été traduite maladroitement par Valeurs ActuellesLa Dépêche ou encore LCI, qui ont attribu à Yseult cettte citation : « Ils assument leur passé colonial. » La chanteuse, qui voulait simplement dire que le passé colonial était selon elle moins occulté en Belgique qu’en France, s’est agacée de voir ses propos déformés par LCI : « Carrément, “ils assument”. Ah bon, LCI ?! Il y a un fossé entre le regret et le pardon. Doucement avec Google Traduction, soyez sérieux ». Mais c’est malheureusement cette citation erronée qui a le plus circulé et suscité de vives critiques sur les réseaux sociaux. Agacés par l’artiste, certains l’ont soupçonnée d’avoir une autre raison de partir pour Bruxelles. « Envie d’aller dans un pays qui assume son passé colonial comme le Luxembourg ou Singapour », a ironisé l’ancien élu de droite Michaël Pilater.

Emmanuelle Ducros, journaliste de L’Opinion, a elle aussi taclé Yseult : « Et fiscalement, c’est assez avantageux, ce qui ne gâche rien. Dis donc, jeune fille, tu ne nous prends pas pour des lapins de six semaines, des fois ? Quand Yseult va découvrir que Bruxelles abrite quatre statues de Léopold II, souverain du Congo de triste mémoire, elle sera obligée de fuir vers la Suisse qui assume très bien son passé colonial». Sur Twitter, des dizaines de tweets fustigent Yseult : « Mais quelle BLAGUE ! La meuf part s’exiler FISCALEMENT mais a le culot de mettre ça sur le dos du racisme ? Les discriminations s’arrêtent à la frontière ? », s’est notamment agacé un internaute. Des soupçons qui ne se fondent toutefois sur rien : il n’y a pas besoin d’être rattaché fiscalement à la Belgique pour y vivre…

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