La Chapelle-Saint-Mesmin (45) : La verrerie Duralex va mettre à l’arrêt les fours de son usine historique, à cause des prix de l’énergie

La hausse des coûts de l’énergie commence à fragiliser les acteurs les plus fragiles de l’industrie, parmi lesquels la verrerie Duralex. Pour garder la tête hors de l’eau, le Français annonce mettre en pause sa production pour l’hiver et recourir au chômage partiel.

« Produire au tarif de l’énergie au prix du jour générerait des pertes intenables », explique José-Luis Llacuna , le président de Duralex, pour justifier sa décision. A partir du mois de novembre, le célèbre producteur de verres mettra ses fours au repos et ses 250 salariés au chômage partiel pour au moins quatre mois. Une décision qui doit permettre de préserver l’activité et l’emploi.

Dans un communiqué, l’entreprise indique qu’elle affrontait « depuis quelques mois des conditions financières de production conjoncturelles très défavorables, uniquement liées au prix de l’énergie », qui a explosé après l’invasion russe de l’Ukraine.

La production au sein de l’usine historique de Duralex, située à la Chapelle-Saint-Mesmin dans le Loiret, ne devrait reprendre qu’au deuxième trimestre 2023, la société disposant d’une « couverture tarifaire déjà contractée sur l’électricité ». L’entreprise annonce également disposer de stocks suffisants pour poursuivre « normalement » son activité commerciale.

Un autre verrier français, le groupe Arc , a aussi annoncé des mesures face à la hausse des coûts de l’énergie et des matières premières. L’entreprise a placé une partie de ses salariés en chômage partiel jusqu’à la fin de l’année.

Une décision dans le sens du gouvernement

Depuis plusieurs mois, le gouvernement appelle tous les acteurs économiques à la sobriété : « Chaque entreprise doit se mobiliser et agir. J’appelle donc chacune à établir en septembre son propre plan de sobriété », annonçait, fin août, la Première ministre Elisabeth Borne face aux entrepreneurs du Medef.

La cheffe du gouvernement a également rappelé que des mesures de rationnements pourraient être imposées cet hiver aux entreprises, si jamais leurs efforts de sobriété énergétique n’étaient pas suffisants face aux grandes tensions sur le système énergétique du pays.

Une entreprise historique

Fleuron de l’industrie française créé en 1945 par Saint-Gobain, Duralex s’est notamment fait connaître grâce à une innovation : le verre trempé. Un procédé rendant ses produits « incassables », participant ainsi la réputation de la marque. Les créations de la verrerie ont dépassé les frontières de l’Hexagone et s’exposent désormais comme objet design au MoMA de New York ou comme contenant à whisky au cinéma dans Skyfall, tout en continuant d’être utilisés quotidiennement par les écoliers dans les cantines , et affectionnés pour leurs propriétés de résistance aux chocs.

La célèbre verrerie avait été rachetée in extremis en janvier 2021 , après avoir été placée en redressement judiciaire quelques mois auparavant, par International Cookware (Pyrex), devenu la Maison Française du Verre en début d’année. L’entreprise affichait en 2021 un chiffre d’affaires de 23,4 millions d’euros.

Les Echos