La Chine n’est plus l’usine du monde selon Foxconn, principal fournisseur d’Apple

Pour parer les tensions grandissantes entre les États-Unis et la Chine, le premier sous-traitant mondial d’électronique produit 30 % hors du territoire chinois. Et projette de faire davantage.

La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis a une conséquence concrète. Foxconn, le premier sous-traitant mondial d’électronique, ouvre de nouvelles chaînes de production hors de Chine, considérant que les “jours de la Chine comme usine du monde sont comptés”, rapporte le Straits Times de Singapour.

Liu Young-way, le président du groupe taïwanais, qui fournit en composants pour PC et téléphones Apple, Intel, Microsoft, ou encore Dell, a profité de l’annonce de ses résultats pour expliquer comment il avait déjà commencé à réorienter sa production hors du territoire chinois. La part de sa production en dehors de la Chine est passée de 25 à 30 % en un an.

Il entend augmenter encore ce pourcentage afin “d’​éviter que ne grimpent les tarifs des produits fabriqués en Chine à destination des marchés américains”, explique le quotidien.

Écosystème de fabrication

“Qu’il s’agisse de l’Inde, de l’Asie du Sud-Est ou des Amériques, chacun aura son écosystème de fabrication”, a déclaré Liu Young-way aux investisseurs.

Le plus gros assembleur chinois a passé un meilleur deuxième trimestre que prévu avec un bénéfice net de 778,5 millions de dollars. Si Foxconn ne s’est pas effondré en pleine crise sanitaire et économique mondiale, il le doit notamment à la hausse de la demande en iPad et MacBook. Il a tout intérêt à rester en bons termes avec Apple.À LIRE AUSSITensions. Entre la Chine et les États-Unis, une “guerre froide” sur fond de pandémie ?

Les tensions entre l’Amérique de Trump et la Chine communiste ont conduit de nombreuses entreprises de la technologie à réviser leur stratégie de production. L’an passé déjà, le même Liu Young-way estimait que l’iPhone pouvait être entièrement fabriqué hors de Chine.

Si Foxconn paraît pour l’instant échapper à la crise, les perspectives d’avenir sont peu riantes. Pas impossible qu’Apple “retarde encore le lancement de son nouvel iPhone”, rappelle le Straits Times. Surtout, les commandes “pourraient être encore affectées” après le bannissement de WeChat par le président américain Donald Trump.

Selon un analyste cité par le journal, “les expéditions annuelles d’iPhone pourraient chuter de 25 à 30 % si Apple était obligé de supprimer l’application”. Enfin, les concurrents chinois posent aussi un sérieux défi à Foxconn, qui tentera de maintenir son leadership d’assembleur auprès d’Apple.

Straits Times