La discrimination affecte la santé mentale et physique

Au-delà des mots et des situations, elle produit de réels impacts psychologiques et physiologiques. Encaisser les remarques outrageantes et être dans la perpétuelle attente d’une nouvelle attitude désobligeante: tel est le quotidien des membres de communautés marginalisées. Qu’elle soit raciste, homophobe, antisémite ou autre, la discrimination nuit durablement à la santé mentale et physique des personnes y faisant face.

«Une société devrait être un endroit serein où l’on se sent en sécurité pour être soi-même», déclare Carly Coons, assistante sociale et directrice de l’éducation à la Blue Dove Foundation (organisation basée en Géorgie luttant contre la maladie mentale et la toxicomanie dans la communauté juive). Or, pour beaucoup, ce n’est pas le cas.

La discrimination active notre réponse au stress, qui se traduit par un flot de processus physiologiques tels que des maux de tête ou une accélération du rythme cardiaque. Lorsque le corps est stressé, dormir est une épreuve et le manque de sommeil peut altérer notamment la productivité au travail. Qui plus est, le système immunitaire peut également en souffrir, le corps étant plus sensible aux agents infectieux.

En outre, du fait de revivre sans cesse les mêmes situations résulte des niveaux d’anxiété et de dépression plus élevés que la moyenne, alimentés par un sentiment d’anticipation, comme l’explique Carly Coons: «Vous allez anticiper que vous ne serez pas accepté dans certaines circonstances et cela engendrera davantage de sentiments négatifs.»

De ces désagréments découle incontestablement un sentiment d’insécurité. Lorsque vous êtes victime de discrimination permanente, votre tranquillité vous est retirée et s’épanouir devient difficile, voire impossible. «Il faut constamment observer l’environnement dans lequel on se trouve et voir si l’on s’y sent en sécurité. Cela empêche de se lier socialement et de s’engager dans le monde qui nous entoure», affirme l’assistante sociale.

Au-delà d’éprouver un sentiment d’insécurité, les victimes peuvent développer une réponse traumatique se manifestant par une hypervigilance, des flashbacks, des cauchemars et une tendance à devenir suspicieux. Et ce traumatisme ne vient pas nécessairement d’une immense manifestation de discrimination, mais peut tout à fait être causé par une réflexion raciste de la part d’un membre de la famille.

Unir ses forces pour lutter

«Pour faire face à la vague d’émotions négatives qui accompagne la discrimination, les personnes offensées se renferment généralement sur elles-mêmes. Elles évitent toute situation qui pourrait donner lieu à des remarques désobligeantes. En faisant cela, elles ne créent pas de sentiment d’appartenance alors que c’est l’un de nos besoins fondamentaux», déclare Jared Montoya, professeur à l’Université Our Lady of the Lake, au Texas. «C’est un cercle vicieux: plus vous vous repliez sur vous-même et ne vous engagez pas dans un groupe, plus le groupe vous considère comme étant à l’écart et ne vous invite pas à participer», continue-t-il.

Mais la solution n’est pas de se renfermer, bien au contraire: le soutien de la communauté est nécessaire pour faire évoluer les mentalités. Il est doublement important de dénoncer la discrimination si l’on n’y est pas directement confronté, afin de démocratiser l’idée que ces actions ne sont pas acceptables dans une socié. «La seule façon de changer les choses est de réagir, affirme Jared Montoya. Si nous ne sommes pas vigilants, ces inégalités se reproduiront encore et encore, comme c’est le cas depuis la nuit des temps.»

Huffington Post