La filière d’immigration pakistanaise tourne à plein régime en France

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Voilà dix ans environ que la France n’est plus une destination par défaut pour cette population historiquement proche de la Grande-Bretagne.

Hassan A., l’auteur de l’attaque du 25 septembre à Paris, près des anciens locaux de Charlie Hebdo, déclare donc avoir 18 ans. Il n’a jamais convaincu l’administration, mais la justice l’a cru, sans même réclamer de test osseux pour vérifier. Il a donc pu bénéficier, durant de longs mois, de la protection de la France, être aidé pour trouver des stages, bénéficiant d’une carte de circulation.

Il espérait même pouvoir obtenir un titre de séjour pluriannuel en France. Et ce malgré son inscription dans le fichier des antécédents judiciaires, puisqu’il avait déjà été arrêté, par la police ferroviaire d’Ile-de-France. Il circulait avec un tournevis sur lui.

La question des mineurs isolés étrangers, pudiquement rebaptisés «mineurs non accompagnés», est décidément plus sensible qu’il n’y paraît. En 2019, ils étaient 40.000 à être pris en charge par les départements. Coût estimé: deux milliards d’euros par an, au bas mot. Ils affluent en France à raison de 2000 à 3000 demandes par mois en moyenne, toutes nationalités confondues. Une fois sur deux, leur minorité alléguée est contestée.

La question des mineurs isolés avait beaucoup ému à l’occasion de la fermeture de la «Jungle» de Calais, en septembre 2016, ce camp vers lequel ils convergeaient par centaines et où 7400 hommes et femmes avaient dû être «mis à l’abri». On comptait alors 4 % de Pakistanais parmi ces clandestins et 25 % d’Afghans. «Certains Pakistanais ont pu se prétendre Afghans pour augmenter leur chance d’obtenir l’asile», révèle un agent de la Direction générale des étrangers en France.

Jeunes manipulables

La filière de l’asile reste le principal point d’entrée. Le public des jeunes adultes issus du Pakistan, qui pointe au guichet pour une première demande, a toujours fait l’objet d’une attention particulière de la part des services de sécurité en raison de la sensibilité de cette région du monde. Des jeunes qui sont particulièrement manipulables. «Ceux qui risquent de basculer dans l’islamisme radical sont souvent des profils marqués par une dérive délinquante que nous cherchons à identifier», confie un agent de l’immigration.

Dans les préfectures des départements, comme dans tous les hot spots (centres d’accueil) où la France instruit sa part de demandes d’asile, en Italie, à Malte, en Espagne ou en Grèce, un contrôle sécuritaire discret est effectué. «Les candidats sont passés aux fichiers de l’antiterrorisme», assure un ancien de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Mais ce «criblage» n’est pas infaillible. Hassan A. lui, n’était dans les radars d’aucun service antiterroriste.

En France, la communauté issue de la République islamique du Pakistan fait rarement parler d’elle. Les autorités estiment à plus de 50.000 le nombre de ses ressortissants installés dans l’Hexagone. Ils sont originaires, pour l’essentiel, de la région du Pendjab, dans l’est du pays. Contrairement à une idée reçue, les Pakistanais n’émigrent pas en Europe pour échapper à une pauvreté extrême mais pour améliorer leur statut social.

Voilà dix ans environ que la France n’est plus une destination par défaut pour cette population historiquement proche de la Grande-Bretagne, étant issue du Commonwealth. Les trois quarts de ceux qui ont pu s’intégrer vivent en région parisienne, principalement en Seine-Saint-Denis, dans le Val-d’Oise et l’Oise. Des communautés sont implantées également depuis longtemps en Seine-et-Marne, dans les Yvelines, notamment à Mantes-la-Jolie, mais aussi à Dreux, dans les régions d’Orléans, de Montargis et dans le Nord.

Ces dernières années, la demande d’asile pakistanaise s’est indéniablement renforcée, même si tous les migrants issus de ce pays ne font pas de demande de statut international. «On peut même dire qu’une véritable filière s’est organisée», estime un commissaire de la Police aux frontières (PAF). Ce fonctionnaire chevronné assure que «ce flux emprunte clandestinement les routes de l’Iran et de la Turquie pour rejoindre l’Europe». Selon lui, «ces réseaux sont de plus en plus actifs».

L’Office français pour la protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) fait état, pour l’année 2019, de 2812 demandes de protection (hors mineurs accompagnants), contre 1 941 l’année précédente (+45 %). C’est plus que le niveau de demandes des ressortissants du Sénégal (2 165 demandes en 2019) ou du Sri Lanka (1 527).

Le Pakistan ne figure pas sur la liste des «pays d’origine sûrs», dont les ressortissants sont rarement éligibles à l’asile. Le taux de protection accordé aux Pakistanais en France atteignait 13,8 % l’an dernier. C’est trois fois moins que le taux d’acceptation moyen, qui était de 38,6 % en 2019. Mais l’essentiel des demandeurs reste en France. Quel que soit le statut, le séjour est garanti pour la plupart de ceux qui ont pu passer.

Le Figaro

5 Commentaires

  1. Ça et les afghans sont des irrécupérables, on ne devrait pas accepter ce concentré de musulmerdes, incompatibles avec notre mode de vie.

    • Les Noirs Africains évangélistes ou les Tamouls catholiques sont tout aussi irrécupérables et/ou ne font que submerger notre continent. L’Europe aux Européens, l’étrange aux étrangers et les vaches seront bien gardées.

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