La France compte de plus en plus de bandes violentes

L’affaire Yuriy a mis en lumière ce phénomène en pleine expansion

[…] Médiatisée après sa diffusion sur les réseaux sociaux, l’affaire du jeune Yuriy, tabassé mi-janvier par une horde furieuse et laissé pour mort sur la dalle Beaugrenelle à Paris, n’est, hélas, qu’un épisode parmi de nombreux autres dans la guerre des bandes qui flambe à nouveau dans le pays.

Selon un bilan de la direction générale de la police nationale porté à la connaissance du Figaro, la France métropolitaine a été le théâtre de 357 affrontements entre groupes de quartiers rivaux en 2020. Soit un bond de 24% des faits constatés en un an. «Cette progression est d’autant plus inquiétante qu’elle intervient dans une période marquée par deux confinements et des couvre-feux», observe un policier spécialisé […].

[…] Toujours selon nos informations, ces affrontements entre bandes se sont soldés en 2020 par un bilan de trois morts et 218 blessés, assez stable au regard des années précédentes. Parmi les victimes de l’année dernière, les analystes de Beauvau ont dénombré 41 blessés par armes blanches (couteaux, machettes…) et 68 autres par des armes par destination (béquilles, battes de base-ball, éléments de mobilier urbain). Le reste des protagonistes a été frappé à coups de poing et de pied.

[…] Toujours selon nos informations, 186 affrontements ont été recensés dans la grande couronne francilienne en 2020.

La préfecture de police de Paris a, quant à elle, comptabilisé pas moins de «83 phénomènes de bande dans la capitale l’année dernière, contre 89 en 2019, 99 en 2018, 112 en 2017 et 159 en 2016». «Après une cinquième année de baisse consécutive, Paris n’est plus le département le plus touché par le problème», se félicite-t-on à la Préfecture de police, qui relève un «nombre stable» de «46  bandes actives réparties sur l’ensemble de l’agglomération parisienne». Si l’on y ajoute les 24 autres identifiées dans le reste de l’Île-de-France et quatre en province, 74 bandes écument donc le pays. Elles sont composées de 10 à 60 membres, selon une estimation des services de renseignement. Une seule, d’origine tamoule, est classée comme «régionale et communautaire». Celle qui a massacré Yuriy est, quant à elle, l’une des quinze qui sévissent dans la capitale de façon parfois spectaculaire. Ainsi, les 11 et 12 septembre, plusieurs dizaines d’adolescents ont semé le chaos en plein Paris, s’affrontant à coups de mortiers d’artifices dans le quartier populaire de Belleville.

[…] Si les policiers concèdent qu’il est difficile de «dresser le profil type des individus impliqués dans ces phénomènes», ils observent néanmoins que les protagonistes sont quasi exclusivement masculins et mineurs dans 70% des cas. Avant de préciser que «l’âge moyen au moment de la commission des faits se fixe actuellement à 17 ans et deux mois». «Les membres de bandes sont de plus en plus jeunes», confirme un cadre qui rappelle qu’«en 2009, seuls 40% des interpellés étaient mineurs». Internet est passé par là, le durcissement de la délinquance adolescente aussi.

Depuis les apaches, ces groupes de voyous des faubourgs qui faisaient trembler les bourgeois dans le Paris à l’aube du XXe siècle, les bandes n’ont cessé de se métamorphoser […].

[…] Au total, 187 personnes ont été interpellées l’année dernière, avec un taux de déferrement supérieur d’environ 15 % à la moyenne […] Grâce à une plus forte réactivité liée à une surveillance serrée des réseaux sociaux, la sécurité publique a entravé elle aussi nombre d’affrontements avant que ces derniers n’éclatent. Pour compléter le dispositif, la gendarmerie nationale, aux prises en outre-mer à des groupes organisés comoriens et à des bandes antillaises s’inspirant des gangs américains, muscle, quant à elle, son renseignement criminel. Après une séquence d’analyses visant à identifier les meneurs, ils déploient des stratégies d’entraves pas forcément répressives fondées sur la pose de caméras ou encore sur le recours aux «voisins vigilants». À la recherche de solutions innovantes, les militaires se sont intéressés à des méthodes d’éclairage et l’emploi d’ultrasons auxquels seraient sensibles les adolescents…

Le Figaro

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