La galaxie médiatique de Soros passée au crible

L’année 2023 commence fort en termes d’actualité sorosienne. L’homme d’affaires américain George Soros, à la tête d’un empire financier qu’il met au service de projets d’influence politique, vient en effet de faire l’objet d’un rapport en trois parties rendu aux États-Unis par l’institut MRC et écornant encore une fois sérieusement son image de simple philanthrope désintéressé.


Les médias conservateurs US conservateurs vent debout

Le début de l’année a démarré sur les chapeaux de roue sur les plateaux et dans les colonnes des médias US opposés à l’agenda libéral libertaire. Sans surprise, Fox News se retrouve en tête de cette nième dénonciation de l’influence néfaste de Soros.

Le 17 janvier, c’est sur cette chaîne que Brent Bozell, le fondateur du Media Research Center (MRC), proche des milieux conservateurs américains et à l’origine de ces dernières révélations, s’est payé le célèbre défenseur de la société ouverte. Spécialisé dans l’étude des biais médiatiques pratiqués par les journalistes libéraux libertaires, le MRC de Bozell a cette fois-ci élargi son champ de recherche en livrant un travail considérable sur les réseaux de Soros dans les médias et les financements que ce dernier accorde à ses amis de la presse.

Des liens avec 54 personnalités de l’establishment médiatique US

Ces travaux du MRC ont le mérite de traiter le cas de l’influence de Soros dans les médias sous un angle inhabituel. D’ordinaire la galaxie Soros est étudiée en dressant une liste et des arborescences des mouvements financiers partant de très nombreuses fondations liées à l’homme d’affaires, un ensemble dont le cœur se constitue des Open Society Foundations. Les auteurs de ce rapport procèdent aussi ainsi, mais ajoute à cette démarche une liste comprenant non pas seulement des médias financés par Soros mais aussi des personnalités étant liées par leurs parcours au milliardaire américain.

Cette liste comprend notamment des reporters, des présentateurs, des chroniqueurs, des journalistes et des directeurs de l’information des médias suivants : ABC, CBS, NPR, Bloomberg News, Reuters, The New York Times ou encore The Washington Post en la personne de sa rédactrice en chef Sally Buzbee. La liste comprend aussi l’incontournable Lester Holt, présentateur des Nightly News sur NBC.

En remontant les fils du Committee to Protect Journalists (CPJ), financé par Soros à hauteur de plusieurs millions de dollars au cours des dernières années, l’étude de l’institut MRC tombe aussi sur une figure absolument centrale des médias US proches des Démocrates : Christiane Amanpour, la star de CNN International, à la tête d’une émission donnant le la en matière de politique étrangère et en charge de la coordination des correspondants internationaux de la chaîne. Sans doute une vieille connaissance de Soros, Amanpour ayant travaillé en Europe de l’Est et à Francfort à la fin des années 80 et au début des années 90, une période au cours de laquelle les réseaux Soros faisaient preuve d’une activité frénétique dans cette région.

Le MRC met aussi le doigt sur des liens entre George Soros et Cesar Conde, président de NBCUniversal News Group, un groupe de presse qui chapeaute NBC News, MSNBC et CNBC. Ces liens passent par l’institut Aspen, que Soros finance (1,1 million de dollars entre 2016 et 2020), et le Council on Foreign Relations (CFR), dont Conde est membre permanent. Le puissant CFR dispose aussi d’une branche européenne, l’ECFR, véritable tentacule de la pieuvre Soros, où on retrouve des journalistes françaises bien connues, Sylvie Kaufmann et Christine Ockrent par exemple.

253 médias soutenus de 2016 à 2020

Autre originalité des travaux du MRC : la durée qu’ils prennent en compte. Les auteurs de cette étude, Joseph Vasquez et Daniel Schneider, ont en effet pris la période 2016–2020 pour identifier les médias concrètement concernés par un soutien des fondations liées à George Soros. Vasquez et Schneider sont au final arrivés à la conclusion que sur ces quatre années 253 médias avaient été financés par le milliardaire américain pour un total de 131 millions de dollars.

Parmi ces 253 médias financés on trouve en haut de la pyramide des projets emblématiques des fondations Soros. Par exemple, Project Syndicate, une plateforme sur laquelle s’exprime les grands noms du mondialisme libéral libertaire. Soros lui a versé plus de 1,5 million de dollars entre 2016 et 2020. On trouve aussi le Poynter Institute (492 00 dollars en quatre ans), une structure éduquant les jeunes journalistes au fact-checking et aux thèmes phares de la société ouverte. Poynter a par exemple sous sa coupe le projet PolitiFact, maître du fact-checking anti-Trump.

Moins connu du grand public, le projet sorosien Free Press est lui aussi bien loti : plus de 1,6 millions de dollars en quatre ans. Free Press est très affirmatif dans ses contenus et sans arrêt en croisade contre le Mal. Dans son rapport 2021, Free Press se félicite par exemple de la suppression du compte Twitter de Donald Trump, y voyant une victoire pour les gens de couleur, les immigrés et les minorités.

MRC accorde aussi une bonne place dans son rapport au Media Democracy Fund (MDF), un projet « gargantuesque dédié à la justice sociale version woke ». Très en pointe dans tous les combats wokistes, le MDF s’est aussi distingué par une défense acharnée de la narration sanitaire en 2020–2021. Pour ce faire, il ne manquait pas de moyens, Soros lui ayant versé plus de 3,5 millions de dollars de 2016 à 2020. Le MDF appartient par ailleurs à un projet plus large, le New Venture Fund, que Soros a financé à hauteur de plus de 50 millions de dollars entre 2016 et 2020.

Le meilleur pour la fin : 21 milliards de dollars pour des projets politiques depuis 2000

L’étude en trois volets du MRC intervient au même moment que la publication d’une étude faite par un autre institut américain, le Capital Research Center (CRC). Le 4 janvier, le CRC a en effet livré ses conclusions d’un travail plus large que celui du MRC.

CRC s’est intéressé aux projets et personnes soutenus par Soros dans un cadre allant au-delà du secteur des médias et englobant toutes les activités politiques et militantes chères au milliardaire américain : soutien à l’immigration clandestine, libéralisation totale de l’avortement, défense des minorités raciales et sexuelles, changement des lois électorales au profit des forces progressistes. Le CRC ne prend pas de gant et classe tous ces projets dans la catégorie « gauche radicale ».

Au total, depuis 2000, 21 milliards de dollars ont été consacrés par George Soros à ces activités politiques. Sur la seule année 2021, le patron des Open Society Foundations a versé 2,7 milliards de dollars pour choyer ces causes. Le CRC nous apprend même que Soros dépasse d’une courte tête Bill Gates dans son soutien au Conseil européen. On ne le sait pas assez, mais cette institution de l’UE, présidée par Charles Michel, reçoit des dons de particuliers. Les rapports financiers de cette institution indiquent en effet que les fondations de Soros lui ont donné 1,5 million d’euros entre 2004 et 2013 alors que celles de Gates ont versé 950 000 euros sur la période 2006–2014. Soros est d’ailleurs devant Gates le plus grand donateur privé de cette institution.

Pour conclure, revenons au goût de Soros pour les médias. Le pape de la société ouverte a soutenu Courier Newsroom, la société de médias produisant des contenus de propagande pour les candidats démocrates aux États-Unis. Un soutien qui en dit en long sur la conception qu’il se fait des médias, qui, comme on le sait, se doivent d’être « libres et indépendants ».

Notre brochure sur Soros et la société ouverte est à retrouver ici.

OJIM