La libération de Mai 68 se termine en dictature sanitaire

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Source: par Francis Goumain pour Jeune Nation

Il devrait sauter aux yeux de tout un chacun que les mesures extrêmes imposées à tous face au Covid, confinement et masque notamment, ont fait voler en éclat le pacte démocratique. Si nous faisons comme la Chine, c’est forcément que nous sommes devenus comme la Chine.

Pourtant, les gens ne le réalisent toujours pas, ils pensent que la libération de Mai-68 a vaincu tous les totalitarismes et nous a mis à jamais à l’abri de toute dérive autoritariste : « CRS-SS » et « Il est interdit d’interdire ». Erreur, grave erreur, non seulement nous assistons au retour d’une impitoyable dictature, mais en plus, ce retour n’est pas du tout un accident, c’est l’aboutissement logique et prévisible – et prévu – de Mai-68 : la mise en place du règne sans partage de la tolérance-intolérante, l’avènement de la dictature techno-nihiliste.

Mai-68 commence par la tolérance et finit par l’intolérance, commence par le libéralisme éthique et finit par l’ordre moral à rebours, commence par la sensibilité démocratique et finit par l’autoritarisme, c’est une usurpation du pouvoir par une oligarchie nihiliste qui dégénère dans les faits en « doctrine injuste de la justice.

La puissance destructrice de Mai-68, déjà, devrait nous interpeller, aucun totalitarisme réel ou supposé n’a jamais témoigné d’une telle puissance, même pas le communisme, qu’on en juge : en quelques dizaines d’années, cette idéologie a réussi à nous faire oublier notre race, notre peuple, notre sexe, notre nationalité, notre religion, notre histoire, nos traditions, nos ancêtres, nos institutions – mariage, famille, État – transformant n’importe quelle identité substantielle – individuelle ou collective – en quelque chose de factice, voire de simplement ludique, relativisant et, en fin de compte niant l’existence d’un quelconque bien commun, fût-ce la beauté, le bien ou la justice.

Au départ, il s’agissait – soi-disant – de simplement ajouter une couche de tolérance aux identités préexistantes : être blanc et tolérer les autres races, être chrétien et tolérer les autres religions, être hétéro et tolérer les homos et ainsi de suite. Alors, augmentation bénéfique de l’identité des êtres ? Non, division de la personnalité. Quand on est chrétien, on est entièrement chrétien, on n’est pas chrétien et tolérant.

Comment faire ? Être entièrement chrétien dans le privé et être tolérant en public ? Mais le public, c’est toute la vie sociale, le travail, la politique, la famille même… Que faire quand simplement s’afficher en blanc c’est déjà du racisme et de l’antisémitisme, quand s’afficher en homme c’est déjà du sexisme, quand s’afficher en hétéro c’est déjà de l’homophobie, quand s’afficher en chrétien c’est déjà de l’islamophobie ?

Petit à petit, toutes les identités substantielles sont marginalisées, une nouvelle est privilégiée, la seule acceptable en public, l’identité tolérante. Pire, l’identité « tolérante » devient de facto l’identité universelle, le seul bien commun, toutes les autres identités sont des particularismes voués à disparaître parce que potentiellement porteurs de fondamentalisme exclusif, donc menaçantes pour la tolérance, c’est ainsi qu’en fin de compte, l’identité tolérante, non seulement marginalise les autres identités, mais en fait, ne les tolère plus du tout. Et sous couvert de tolérance, un seul groupe gagne contre tous les autres: les nihilistes. À eux, l’identité « vide » à défaut du « vide d’identité » convient parfaitement.

Et nous voilà avec cette dictature sanitaire : porter un masque, n’est-ce pas par définition ne plus avoir d’identité ? Être confiné, n’est-ce pas automatiquement se couper de tout bien commun ? Et cette lutte universelle contre un virus plus ou moins imaginaire, n’est-ce pas un bien commun de substitution bien commode pour pallier le caractère désespérément creux de la tolérance ?

Le plus ironique dans cette histoire, c’est que ce sont ceux-là même qui avaient vingt ans en 68 et qui en ont soixante-dix aujourd’hui, qui jadis ont jeté des pavés à la figure des CRS en s’exclamant qu’il était interdit d’interdire, qui prétendent interdire aux jeunes d’aujourd’hui ne serait-ce qu’une sortie en forêt ou à la plage, de prendre une bière au troquet du coin. Que n’auraient-ils pas dit, hurlé, vociféré, si de Gaulle les avait confiné lors de la grippe de Hong Kong de 68 ?

Mais voilà, maintenant ils ont peur de mourir, peur d’un virus qui vise en priorité les vieux, donc eux : l’hédonisme nombriliste sans vergogne de cette génération qui aura tout cassé pour pouvoir jouir sans entrave n’aura donc décidément jamais connu la moindre limite, la décence intellectuelle la plus élémentaire ne les aura jamais effleurés. Jouir sans entrave, or, la mort, la leur, est une entrave qu’il faut reculer coûte que coûte, et tant pis si cela entrave les autres, si ça les empêche de respirer.

Tout est détruit par leur immigration et leur métissage et il faudrait se préoccuper d’un virus !

Francis Goumain.

(Librement inspiré du dernier chapitre de la Force de la Liberté  de Henri Hude)