« La Menace 732 » : Le polar du préfet Frédéric Potier, ancien responsable de la Dilcrah, raconte un coup d’Etat fomenté par l’ultra-droite

Dans « La Menace 732 », le préfet Frédéric Potier, longtemps à la tête de la Dilcrah, raconte les coulisses d’un coup d’Etat fomenté par l’ultra-droite. Un polar haletant qui s’appuie sur la propre expérience de l’auteur dans les arcanes du pouvoir.*

Et si la fiction était la continuation de la politique par d’autres moyens ? Frédéric Potier, ancien de l’ENA, préfet et jadis conseiller au cabinet du Premier ministre, n’est pas loin de le penser. Après avoir publié un essai de référence sur Pierre Mendès France aux éditions Bouquins, ce dernier s’est mis en tête de changer de stratégie éditoriale.

Son idée ? « Faire passer des messages » par l’entremise du polar. « J’avais la volonté de toucher un plus large public, d’expliquer quels étaient nos fragilités démocratiques et les dangers que courait notre régime politique », raconte-t-il. Pour illustrer le péril que représentent les groupuscules d’extrême droite, la violence, le racisme et l’antisémitisme qui les portent, notre homme a donc choisi la littérature.

C’est ainsi que naît « La Menace 732 », tout à la fois roman noir et récit haletant racontant les coulisses d’un coup d’Etat. L’action se déroule au lendemain d’une élection présidentielle très serrée voyant la candidate de la gauche radicale l’emporter. Dès son entrée en fonction, celle-ci entend appliquer un programme réformateur, peut-être trop ambitieux. Secondée par un Premier ministre honni de l’opposition de droite, la locataire de l’Elysée entend restreindre drastiquement le pouvoir de l’armée. Baisse du budget du ministère de la Défense, abandon du programme nucléaire et partage du siège de sécurité à l’ONU avec le voisin allemand sont au programme. Au sein de la grande muette, la fronde couve…

Déstabilisations

C’est dans ce contexte tendu qu’émerge un groupuscule radical baptisé « Martel 732 ». Issus de l’ultra-droite, ses membres sont persuadés que le grand remplacement est en marche. De coup d’éclat en conjuration, ceux-ci s’attaquent aux institutions et manoeuvrent pour ébranler le pouvoir en place. Une femme, la capitaine Nina Meriem, travaillant au contre-espionnage, est chargée de mener l’enquête sur les agissements du groupuscule. Des tentatives de déstabilisation étrangère à la menace technologique qui sert désormais d’appui à la peste brune, ce qu’elle découvre est fortement inspiré de faits réels et de l’expérience personnelle de l’auteur, qui fut lui-même délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah).

Ecrit comme une série télé, le livre intéressera par son ton moderne, ses références pop entrecoupées de cours théoriques sur les coups d’Etat – bien réels, ceux-là – du 18 Brumaire à la chute de l’URSS. En somme, un « page turner » bien ficelé, pour éveiller les consciences.

LA MENACE 732

Roman français

de Frédéric Potier

Editions de l’Aube, 352 pages, 19,90 euros.

Les Echos