La Poste émet un nouveau timbre à l’effigie de la Mulâtresse Solitude, symbole de la résistance à l’esclavage

Un timbre a été créé, par La poste, à l’effigie de la Mulâtresse Solitude, ancienne captive de Guadeloupe, qui s’est libérée de ses chaines et qui a combattu l’esclavage jusqu’à la mort. Ce timbre sera vendu dans l’archipel, en avant-première, les 13 et 14 mai.

Le visuel de ce timbre a été officiellement dévoilé le mois dernier, le jeudi 24 mars, à l’Hôtel de la Marine, à Paris, lors d’une cérémonie organisée par La Poste, en partenariat avec la Fondation pour la mémoire de l’esclavage et le Centre des monuments nationaux.

Geneviève Marot est l’illustratrice de ce timbre. Elle a travaillé sur l’image de cette figure de l’histoire de la Guadeloupe, en collaboration avec l’écrivaine Simone Schwarz-Bart, veuve de l’auteur du roman « La Mulâtresse Solitude », paru en 1972 : André Schwarz-Bart. Leur fils, le saxophoniste Jacques Schwarz-Bart était d’ailleurs présent, le jour du dévoilement du timbre. Ce dernier s’est produit en concert, avec son quartet.

Timbre à l'effigie de Solitude - 2022.

Le 16 mai 2022, La Poste émettra un timbre à l’effigie de la Mulâtresse Solitude.

Un symbole de la résistance à l’esclavage

Solitude était une femme guadeloupéenne, une figure de la résistance au temps de l’esclavage, née en 1772 et exécutée le 29 novembre 1802, par les forces coloniales françaises, un jour après avoir donné naissance à son enfant.

Son existence a été attestée par l’historien Auguste Lacour, qui évoque en 1858 sa présence active aux côtés des rebelles noirs et métis opposés au rétablissement de l’esclavage, décidé en 1802 par Bonaparte.

Dans son roman, André Schwarz-Bart l’a dite fille d’une captive africaine, violée par le capitaine blanc d’un navire négrier ; ce qui fait d’elle une « mulâtresse » (c’est-à-dire une métisse, dans le vocabulaire de l’époque).

Pour Geneviève Marot, il était important de représenter Solitude avec une chaîne dans la main, mais une chaine cassée, symbole de son émancipation arrachée de haute lutte.

C’est le symbole de l’esclavage évidemment, mais au-delà de ça, c’est : je prends mon destin en main et ma vie m’appartient”

La maquette du timbre est remarquable d’éloquence et de beauté. Il en découle une impression de force mystérieuse et apaisante. On y voit clairement une mère porteuse de ce monde nouveau, métissé, et qui offre en partage. Elle a brisé ses chaînes pour vivre la grande dimension humaine et résister à la haine. C’est, je crois, cela dont parle le beau portrait réalisé par Mme Geneviève MAROT. Merci, au nom d’André Schwarz-Bart, qui a su si bellement inclure, greffer, d’autres mondes au sien.

Plusieurs hommages ont été rendus à la Mulâtresse Solitude, au fil du temps.

Une statue de cette femme battante trône sur le boulevard des Héros, aux Abymes, en Guadeloupe.

En 2020, son nom a été donné à un jardin du XVIIème arrondissement de Paris ; à terme, une statue y sera installée, la première d’une femme noire, dans la capitale.
Une salle du ministère des Outre-mer porte aussi son nom.

Une vente en avant-première en Guadeloupe

Le timbre à l’effigie de Solitude sera vendu par feuille de 15 exemplaires, en avant-première, les 13 et 14 mai, à Petit-Canal, à Morne-à-l’Eau et à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe puis, à partir du 16 mai, dans certains bureaux de poste de l’Hexagone.

Timbre à l'effigie de Solitude

Il sera commercialisé au tarif d’une lettre verte, soit 1,16 euros. Pour l’occasion, 705.000 exemplaires seront imprimés.

France Info

Timbre à l'effigie de Solitude - 2022.