« La pratique du blackface est née en France au moment de la renaissance et non aux États-Unis pendant l’esclavage »

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La sortie du livre « La France et le blackface » du journaliste-écrivain ivoirien Serge Bilé approche. Elle est prévue pour le 10 septembre 2020. Mais bien avant, l’auteur explique les raisons qui l’ont emmenées à rédiger cet ouvrage. « J’ai écrit ce livre pour mettre les pendules à l’heure et pour tordre le cou à une contre-vérité », précise d’entrée Serge Bilé.

« Contrairement à ce qu’on ne cesse de nous répéter depuis des lustres, le blackface n’est pas un phénomène qui est né aux États-Unis pendant l’esclavage en 1830. Mais une pratique qui a vu le jour en France d’abord deux siècles plutôt au moment de la renaissance », souligne-t-il. Estimant que son ambition première en publiant cette œuvre était de rétablir une vérité.

« J’ai construit ce livre un peu comme les autres en l’encrant dans une réalité chronologique. Il balaie ainsi l’histoire de France depuis le moyen-âge jusqu’à aujourd’hui. Je pense que c’est un travail qui était nécessaire », estime-il. Comme on le peut le voir, ce nouveau livre de Serge Bilé fourmille d’anecdotes plus étonnantes les unes que les autres.

Il revisite l’histoire de France à travers la suie en remontant à la source du grimage pratiqué dès le Moyen-Âge par le peuple, les princes et les rois. Avec distance et pédagogie, l’auteur de « la France et le blackface » nous invite à une prise de conscience collective.

Par-delà les couleurs et les différences de sensibilités, l’ouvrage nous replace tous au sein d’une histoire commune qu’il est urgent de partager. Lauréat du Prix de la meilleure réalisation au Festival du Film de Montréal pour le documentaire « Les Boni de Guyane » en 2013, Serge Bilé est né le 26 juin 1960, à Agboville.

Il est l’auteur de plusieurs œuvres, notamment « Noirs dans les camps nazi » en 2005, « si Dieu n’aimait pas les Noirs » : Enquête sur le racisme au Vatican » en 2009, « Sombres bourreaux : collabos africains, antillais, guyanais, réunionnais et noirs américains dans la Deuxième Guerre mondiale » en 2011, ou encore « Mes années Houphouët ».

Afrik Soir