La princesse Esmeralda, tante du Roi, veut enlever les statues de Léopold II: «Elles glorifient des suprémacistes blancs qui ont apporté la mort»

La tante du roi Philippe aimerait que la Belgique réécrive ses livres d’histoire.

En juin 2020, la princesse Esmeralda de Belgique avait déjà confié à nos confrères de la RTBF qu’elle avait un problème avec les méfaits perpétrés au Congo à l’époque où il était notre colonie. « Je pense qu’il est très important qu’on évoque le problème des excuses », disait la Princesse. « Cette question n’a jamais été vraiment débattue. Pour en terminer avec ce passé tellement douloureux avec ces crimes, ces exactions, il est important que les pays européens et la Belgique en particulier reconnaissent leur responsabilité et présente des excuses ».

La tante du roi Philippe donnait son avis sur les statues de son aïeul. « C’est évident que le fait d’avoir des statues de colonisateurs et en l’occurrence de Léopold II fait partie de l’hégémonie blanche. Tout l’espace public est rempli par nos statues, par nos colonisateurs, par nos marchands d’esclaves par exemple au Royaume-Uni. Pour les minorités, c’est quelque chose de très douloureux car il n’y a pas de contrepartie, il n’y a pas de monuments aux esclaves, aux colonisés ».

Elle persiste et signe

Elle avouait comprendre les dégradations faites à ces statues et leur déboulonnage parce que, disait-elle, « l’émotion est au plus fort à la suite du meurtre de George Floyd ».

Le 1er décembre, le prestigieux Times titrait : « Une princesse belge demande le retrait des statues de Léopold II à cause du colonialisme au Congo ». Cette Princesse, c’était à nouveau Esmeralda qui vit à Londres. Dans le dernier numéro du Brussels Times, un magazine bimensuel, international, communautaire et diplomatique à Bruxelles s’adressant aux expatriés, la fille cadette de Léopold III et de Lilian Baels enfonce le clou en se fendant d’une carte blanche, ainsi que Pierre Kompany, le père de l’ex-Diable rouge. Elle écrit que le déboulonnage des statues de son arrière-grand-oncle n’est que la première étape. Elle répète que la Belgique doit aussi s’excuser pour les atrocités commises pendant l’époque coloniale et commencer à enseigner la vraie histoire de ce qu’elle a fait au Congo. Et commencer à discuter de réparations. Elle revient sur cette histoire en expliquant les liens qui la lient à Léopold II. « J’estime que j’ai une grande responsabilité en rejoignant le nombre grandissant de Belges qui brisent le tabou. La colère envers les statues est indiscutable. Pourquoi les personnes de couleur devraient-elles faire confiance aux mêmes autorités qui ont maintenu en place les monuments des colonisateurs et des esclavagistes ? ».

Le bon exemple du Roi

Elle tranche la question de ces statues : « Nous devrions enlever ces statues. Elles glorifient les hommes, eh oui, ils étaient tous des hommes, qui étaient les suprémacistes blancs qui ont apporté la mort et la souffrance aux indigènes de tant de pays d’Afrique, d’Asie et des Amériques ». Elle rappelle que le roi Philippe, à l’occasion des 60 ans d’indépendance du Congo, a expliqué « ses plus grands regrets » pour les blessures du passé. Une commission parlementaire chargée de ce passé peu glorieux a aussi été créée, salue la Princesse. « Ce sont des étapes importantes mais ce n’est pas encore assez ».

« Notre dernière tâche sera de parler des réparations. C’est une conversation difficile, mais que nous devons avoir si nous voulons affronter notre passé. Il y a différentes façons de procéder, mais cela pourrait commencer par un système commercial plus équitable pour aider le monde en développement et l’annulation des dettes des anciennes colonies ».

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