La Société Tolkien se convertit à l’idéologie “woke”

La Tolkien Society, une organisation littéraire fondée en 1969 et dédiée à la promotion des œuvres de J.R.R Tolkien, organise des conférences académiques annuelles depuis des décennies. Le second séminaire de cette année 2021, s’est tenu virtuellement via Zoom les 3 et 4 juillet. Il a rassemblé 400 participants de 37 pays et a eu pour thème “Tolkien et la diversité”.

Avant de poursuivre, sachez que le président de la Tolkien Society était, et reste officiellement, le grand J.R.R. Tolkien lui-même. Sa fille, Priscilla, occupe actuellement le poste de vice-présidente. Lors de son séminaire annuel, des chercheurs présentent des articles universitaires, des documents d’archives sont parfois exposés et discutés, et un effort sérieux est généralement fait pour comprendre et apprécier le génie unique de Tolkien. En d’autres termes, il ne s’agit pas d’un fan club déglingué pour les amateurs de la Terre du Milieu.

Mais cette année, les participants au séminaire seront soumis à quelque chose de différent. Les articles qui seront présentés comprennent “Gondor en transition : Une brève introduction aux réalités transgenres dans le Seigneur des Anneaux”, “Les Lossoth : Indigénéité, identité et antiracisme “, et ” ‘Quelque chose de résolument Queer’ : Déstabiliser l’amato-normativité cis-hétéro dans les œuvres de Tolkien”. La quasi-totalité du programme est du même tonneau.

La meilleure chose que l’on puisse dire à propos d’une conférence sur Tolkien qui présente des articles comme: “Pardonner Saroumane : Le Queer dans le Seigneur des Anneaux de Tolkien”, ou “L’Autre Invisible : les naines de Tolkien et le manque féminin’ “, c’est que les universitaires en question ne connaissent pas la moindre chose de Tolkien ou de la signification de son œuvre.

Le pire que l’on puisse dire est qu’ils détestent Tolkien et son œuvre, et qu’ils aimeraient bien la détruire.

En effet, comment expliquer autrement une telle conférence ? “Le Seigneur des Anneaux”, comme “Le Hobbit”, “Le Silmarillion” et l’ensemble des écrits de Tolkien sur la Terre du Milieu, n’a pratiquement rien à dire sur les préoccupations exprimées dans ces articles ou sur la vision du monde dont ils sont issus. Il n’y a pas de “réalités transgenres” dans le Seigneur des Anneaux. Il n’y a rien à dire sur les Lossoth – un vestige de l’ancien peuple de Forodwaith, une race d’hommes robustes qui vivaient dans l’extrême nord glacé de la Terre du Milieu – qui ait un rapport, même lointain, avec des idées gauchistes contemporaines comme l’antiracisme. Il n’y a pas de place dans une discussion sérieuse sur les écrits de Tolkien pour des phrases comme “cishetero amatonormativité”.

La seule raison de torturer l’œuvre de Tolkien de la sorte n’est pas de la comprendre plus profondément mais de la démolir. Et pourquoi les chercheurs modernes voudraient-ils faire cela ? Parce que tout ce qu’était Tolkien, et tout ce qu’il a écrit, est un affront à la compréhension du monde, de la réalité, du sens et du but de la vie qu’a l’érudit laïc moderne.

Pour parler franchement, les mondes créés par Tolkien sont le fruit d’une imagination façonnée et imprégnée par sa profonde foi catholique. Le “Silmarillion”, en particulier, est en quelque sorte une réflexion poétique et littéraire sur le catéchisme de l’Église catholique. En considérant la Terre du Milieu de Tolkien, il n’y a aucun moyen d’échapper à cette réalité.

Sa création, comme il le disait lui-même, était une sorte de sous-création sous l’inspiration et l’égide de Dieu tout-puissant. Ses grands thèmes – le bien et le mal, la vérité et le mensonge, le pouvoir et la gloire, l’honneur et le sacrifice – découlent tous de sa foi chrétienne et de sa vision résolument sacramentelle du monde. Pour Tolkien, le monde entier est traversé de sens par un Créateur qui aime l’humanité et se manifeste dans ses œuvres.

Le fait que des hommes et des femmes viennent maintenant calomnier, déformer et finalement détruire ces sous-créations de Tolkien est aussi, d’une manière étrange, un témoignage de son héritage. Comme Melkor, ils sont possédés par de sombres pensées issues de leur propre imagination, à la différence de celles du grand Tolkien, et ne cherchent pas tant à accroître leur propre pouvoir et leur propre gloire qu’à ramener ceux de Tolkien à leur condition sordide, où tout peut être réduit à la race, au sexe et à la politique. […]

Le jour est tombé à l’Ouest, derrière les collines, dans l’obscurité.

The Federalist