La sombre tradition suisse de fertilité avec ses chasseurs et ses « victimes »

Des hommes masqués plaquent les jeunes femmes au sol et les forcent à se noircir le visage. Le festival du mercredi des Cendres « Pschuuri » en Suisse orientale est peut-être la coutume la moins politiquement correcte au monde.


Cela dit, comme pour d’autres traditions suisses qui pourraient faire sourciller à l’étranger – par exemple l’exposition de bovins où les enfants de six ans sont autorisés à fumer – tout le monde s’amuse et il y a une fin heureuse avec un grand festin.

« Pschuure » signifie « noircir » dans le dialecte local et constitue une partie importante du carnaval de Splügen, un village près de la frontière italienne dans le canton des Grisons où toutes ces images ont été prises.

La journée commence avec de jeunes enfants qui s’habillent et vont de maison en maison avec un panier autour du cou en mendiant des bonbons.

Dans l’après-midi, cependant, les choses s’assombrissent. Littéralement. Les jeunes hommes célibataires, « Pschuurirolli », mettent des fourrures, des masques et des cloches. Armés d’un sac rempli d’un mélange de charbon graisseux, ils descendent dans les rues à la recherche d’enfants et, en particulier, de jeunes femmes célibataires.

Les cloches donnent aux « victimes » la possibilité de fuir, mais, si elles se font prendre, elles se font couvrir le visage de peinture à la graisse noire, dont la recette exacte est un secret bien gardé.

Les Pschuurirolli ont jusqu’au coucher du soleil pour faire leur « peinture ».

Ensuite, des couples de jeunes hommes déguisés en « Männli » (hommes) et « Wibli » (femmes) traversent les villages en mendiant des œufs et en invitant des filles noircies à un festin riche en œufs dans une grange, qui commence après minuit. « Resimäda » est la boisson de la soirée, une spécialité locale à base de vin, de divers autres ingrédients et d’œufs.

Selon la tradition, toute cette consommation d’alcool et d’œufs améliore à la fois la fertilité des personnes « en âge de se marier » et celle des champs.

Swiss Info