L’Afghanistan appelle l’Europe et la Suisse à cesser d’expulser ses ressortissants

La Suisse et l’Europe face à l’impossibilité des renvois forcés vers l’Afghanistan / La Matinale / 60 sec. /

L’Afghanistan a appelé les pays européens à cesser durant les trois prochains mois d’expulser des migrants afghans, en raison de l’intensification des combats dans le pays, sur fond d’offensive tous azimuts des insurgés talibans.

L’ONU a également souligné dimanche que cette augmentation des violences générait “davantage de souffrance” et de besoin d’aide humanitaire, dans un pays déjà sévèrement touché par la sécheresse et la pandémie de Covid-19.

“L’escalade de la violence de la part du groupe terroriste taliban dans le pays et la propagation de la troisième vague de coronavirus ont créé un important désordre économique et social, suscitant inquiétudes et défis pour le peuple afghan”

ministère afghan des Réfugiés et du Rapatriement

Deuxième contingent migratoire dans l’UE

“Les pays hôtes doivent s’abstenir d’expulser de force les réfugiés afghans à compter du 9 juillet pour les trois prochains mois”, selon la même source, qui n’a pas fourni de chiffres sur le nombre d’Afghans récemment rentrés d’Europe.

Le ministère annonce également que le gouvernement afghan n’acceptera plus les “retours forcés” de migrants de pays de l’Union européenne ou de pays européens hors UE, dont la Suisse, avec lesquels Kaboul a conclu des accords de coopération en matière de migration.

Les Afghans constituaient en 2020 10,6% des demandeurs d’asile dans l’UE (un peu plus de 44’000 sur quelque 416’600 demandes), le deuxième contingent derrière les Syriens (15,2%), selon l’agence statistique de l’UE Eurostat.

Crainte d’une vague d’arrivées

L’ONU a enregistré près de 2,5 millions de réfugiés afghans dans le monde en 2018, la plupart installés au Pakistan, la deuxième plus importante population réfugiée du monde.

En juin, le Premier ministre italien Mario Draghi avait dit craindre un afflux de migrants afghans après le retrait définitif des forces étrangères d’Afghanistan, censé être terminé d’ici le 31 août, et avait appelé l’UE “à contenir les flux d’immigration illégale”.

RTS