L’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing est décédé à l’âge de 94 ans

Valéry Giscard d’Estaing, le troisième président de la Cinquième République française (1974-1981), est mort à l’âge de 94 ans, a-t-on appris ce mercredi.

Il était hospitalisé à Tours depuis la mi-novembre, pour insuffisance cardiaque. L’ancien chef de l’Etat avait aussi été hospitalisé le 14 septembre dernier à Paris après s’être plaint de problèmes respiratoires. Il souffrait alors d’une “légère infection aux poumons”, avait indiqué son cabinet.

C’est le président de la République française à la plus grande longévité.

Abaissement de la majorité civile et électorale de 21 à 18 ans, dépénalisation de l’avortement, divorce par consentement mutuel, fin de la tutelle de la télévision publique : son septennat à la tête du pays a été guidée par sa vision libérale de la société.

Au niveau international, il œuvre pour le renforcement de la construction européenne. Dans un contexte de guerre froide, il prône le dialogue. En 1975, il décide d’organiser la première réunion des cinq pays les plus industrialisés de la planète (États-Unis, Japon, France, Allemagne de l’Ouest, Royaume-Uni), le G5.

VGE ne briguera pas de deuxième mandat à la tête du pays : il est battu aux élections de 1981 par son rival de gauche François Mitterrand. 

Pro-européen, il siège au Conseil européen, en tant que député de 1989 à 1993, pour trois mandats. Il se retire ensuite de la vie politique pour siéger au Conseil constitutionnel à partir de 2004. Il est élu à l’Académie française en 2003.  

Débuts fulgurants

Valéry Giscard d’Estaing est né le 2 février 1926 à Coblence en Allemagne, où son père est haut-commissaire des troupes d’occupation françaises en Rhénanie. Son père rejoint Paris ensuite Paris. VGE grandit au sein d’une fratrie de cinq enfants.

Il est diplômé de l’Ecole Polytechnique et de l’ENA. Il débute sa carrière en 1951 au sein de l’Inspection générale des Finances.

Ministre à 32 ans

Il commence sa carrière politique en 1956 en étant élu député du Puy-de-Dôme. Il est ensuite nommé secrétaire d’Etat aux Finances en 1959 dans le gouvernement Michel Debré, quand le général de Gaulle prend ses fonctions de président de la République.

Mais son ascension ne s’arrête pas là : le 18 janvier 1962, il prend la tête du ministère des Finances et des Affaires économiques dans le gouvernement Georges Pompidou (1962–1966).

Un poste qu’il occupera encore à trois reprises : en 1969, il est à nouveau nommé à cette fonction dans le gouvernement de Jacques Chaban-Delmas. Il restera en place jusqu’à la mort de Georges Pompidou, le 2 avril 1974, puis il sera encore nommé ministre des Finances en 1972 dans le gouvernement de Pierre Messmer.

Président à 48 ans

Le 27 mai 1974, il est élu président de la République contre François Mitterrand, candidat de l’Union de la gauche. À l’âge de 48 ans, il devient alors (jusqu’à l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, Ndlr) le plus jeune président de la Ve République.

De part son âge, ses premières années de présidence sont marqués par une grande volonté de jeunesse et de modernisation. Mais à partir de l’automne 1976, on lui reproche un virage conservateur, ce qu’il a nié en déclarant “qu’après un certain seuil de transformation de la société, il est nécessaire de faire une pause et de souffler”.

Mais le 10 mai 1981, François Mitterrand prend sa revanche. Giscard est battu.

L’impossible retour

En mars 1982, il est élu conseiller général du canton de Chamalières (Puy-de-Dôme).

Le 23 septembre 1984, il est élu député UDF du Puy-de-Dôme lors d’une élection partielle (63,2 % au 1er tour). Il sera réélu en 1986 (proportionnelle), 1988, 1993 et 1997.

Il devient président du Conseil régional d’Auvergne en 1986. Il le restera pendant trois mandats, jusqu’en 2004.

Le 30 juin 1988, il succède à Jean Lecanuet à la tête de l’UDF, un parti centriste qu’il avait fondé pendant son mandat de président de la République et qui faisait jeu égal dans les années 1980 et 1990 avec le RPR de Jacques Chirac.

En 1989, il est élu député européen à la tête de la liste qu’il conduit et qui obtient 28,9 % des voix au niveau national. Il quitte l’Assemblée nationale pour siéger à Strasbourg, jusqu’en 1993.

L’Europe au cœur

Du 25 juillet 1989 au 11 décembre 1991, il renforce son engagement européen en devenant président du groupe libéral au Parlement européen.

De 1997 à 2004, il occupe la fonction de président du Conseil des communes et régions d’Europe. Et du 15 décembre 2001 au 29 octobre 2004, celle de président de la Convention sur l’avenir de l’Europe qui rédige la Constitution européenne.

À l’Académie française

Après sa présidence, VGE écrit ses Mémoires (trois tomes) et plusieurs romans dont l’un d’eux évoque une relation sentimentale entre lui-même et la princesse Diana. Le 11 décembre 2003, il est élu membre de l’Académie française, au fauteuil laissé vacant par la mort de Léopold Sédar Senghor, qui fut aussi celui de Richelieu et de Charles Maurras.

Vosges Matin