Laon (02) : Marc, un petit migrant ukrainien, fait sa rentrée à l’école Jean-de-la-Fontaine

Marc, 5 ans, est arrivé d’Ukraine avec ses parents au printemps. Jeudi 1er septembre, il a fait sa rentrée scolaire en grande section de maternelle à l’école Jean-de-la-Fontaine de Laon.

De nombreuses familles ont notamment été accueillies à Laon grâce à la mobilisation locale. C’est le cas de Davy-Charles Makoma-Amenho et de sa compagne Kateryna Skupeiko, qui sont arrivés en France début mars. Ce jeudi, le petit Marc, 5 ans, a fait à l’école maternelle Jean-de-La-Fontaine. Au sein de l’établissement, il s’agit avant tout de jouer la carte de l’intégration, notamment par la langue.

Marc n’a que 5 ans mais fait déjà beaucoup plus que son âge. Il devrait même être l’un des plus grands de la grande section de maternelle de l’école Jean-de-La-Fontaine, où il a fait sa rentrée ce jeudi matin. Sa vraie rentrée, car le petit bonhomme y avait fait un court passage en juin, juste avant les vacances.

Nous sommes arrivés d’Ukraine au mois de mars », raconte Davy-Charles Makoma-Amenho, son papa. Originaire du Congo-Brazaville, lui a fait ses études en Ukraine dès 2010 avant de devenir manager dans le domaine du marketing. C’est là-bas qu’il a rencontré Kateryna Skupeiko, dont la famille vit à Lyuboten, un village à 6 ou 7 heures de route de Kiev, la capitale où le couple était installé.

Davy-Charles, sa compagne et leur fils ont quitté leur pays fin février, via un voyage en bus jusqu’à Paris via la Pologne et l’Allemagne de six jours. Ils sont arrivés à Laon début mars. «  Quand nous avons décidé de quitter l’Ukraine, nous savions que nous voulions venir en France », confie le père de famille, qui reconnaît que l’expliquer à son fils «  n’a pas été simple. Je ne savais pas s’il fallait lui dire pourquoi on partait. On ne savait pas comment il allait réagir. Aujourd’hui, il sait qu’il y a la guerre, et il a vu des images de notre maison qui a brûlé, mais il ne reste pas scotché là-dessus. »

Des nouvelles régulières de ses grands-parents

Régulièrement, Marc peut voir ses grands-parents en visioconférence. «  Nous lui avons expliqué que dès que ça sera possible, on repartira. On veut le rassurer », témoigne Davy-Charles. «  Quand nous avons accueilli Marc en juin, nous avons surtout fait un bain de langage. Ce qui était pratique, c’est que nous avions une fonctionnaire stagiaire qui parlait russe », explique le directeur de la maternelle Jean-de-La-Fontaine, Jérôme Lespayandel. Pour cette arrivée dans l’école, «  notre objectif est de l’intégrer au maximum et surtout qu’il entende la langue française ». Pour l’enseignant, la vocation essentielle de l’établissement scolaire, «  c’est surtout de lui faire oublier le contexte et qu’il soit heureux d’être là  ». En Ukraine, Marc était allé à l’école dès 2 ans. «  C’est beaucoup plus tôt qu’ici », relève le papa.

S’intégrer à leur tour

Heureux que leur fils puisse bénéficier de ce cocon protecteur de l’école maternelle, les parents travaillent aussi à leur propre intégration. « Je suis en train de passer le permis de conduire pour vite trouver du travail », explique Davy-Charles Makoma-Amenho, dont la compagne, infirmière de formation, se concentre, pour sa part, sur l’apprentissage du français, avec un accompagnement de l’association Accueil et promotion. Une intégration qu’ils espèrent temporaire tant ils rêvent de très vite repartir chez eux.

Le Courrier Picard