Le criminel de guerre Radovan Karadzic purgera sa peine au Royaume-Uni

Condamné en 2019 à la prison à vie pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’Humanité, l’ex-dirigeant des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic va être transféré au Royaume-Uni pour y purger sa peine, a décidé mercredi la justice internationale.

Radovan Karadzic a été psychiatre, poète, président, guérisseur, mais restera dans l’Histoire comme l’un des artisans des pires atrocités en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, en particulier le siège de Sarajevo et le massacre de Srebrenica, lors de la guerre de Bosnie (1992-1995).

Agé de 75 ans, il est incarcéré au centre de détention de l’ONU à La Haye depuis 2009. Le génocidaire attend d’être transféré dans une prison située à l’extérieur des Pays-Bas, où il purgera sa peine.

La date du transfert n’est pas connue à ce stade, mais celui-ci doit intervenir “dans les meilleurs délais”, selon la décision […].

Figurant parmi les pays avec lesquels la justice internationale a des accords, le Royaume-Uni avait proposé que Radovan Karadzic purge sa peine sur son sol. Radovan Karadzic ne peut le faire dans les cellules de l’ONU à La Haye car il ne s’agit pas d’un centre pénitentiaire.

Dans une décision rendue mercredi, le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux a validé la proposition britannique, à laquelle le condamné avait donné son accord […].

Persécutions, meurtres, viols, massacres

Condamné en première instance en mars 2016 à 40 ans de prison, Radovan Karadzic a été condamné en appel en 2019 à la prison à vie par la justice internationale.

Il a été déclaré responsable de persécutions, meurtres, viols, traitements inhumains ou transferts forcés, notamment lors du siège de près de quatre ans de Sarajevo – plus de 10.000 morts – et lors du massacre de l’enclave de Srebrenica en 1995 – 8000 hommes et garçons exécutés – le pire perpétré en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, que la justice a qualifié de génocide.

Il est également mis en cause dans le déplacement de populations sur des bases ethniques dans plusieurs autres villes du pays.

Après la mort pendant son procès de l’ancien président serbe Slobodan Milosevic en 2006, Radovan Karadzic est le plus haut responsable à avoir dû rendre des comptes pour la guerre de Bosnie.

Après treize ans de cavale, il a été arrêté en juillet 2008 dans un bus de la banlieue de Belgrade, méconnaissable: barbe blanche fournie et cheveux longs, Radovan Karadzic se fait appeler Dragan Dabic et se présente comme un spécialiste en médecine alternative.

C’est alors qu’il a été traduit devant le Tribunal international pour l’ex-Yougoslavie.

RTS


Vidéo disponible jusqu’au 2 août 2021

Partant à la recherche des enfants qu’il a immortalisés durant le siège de la capitale de la Bosnie-Herzégovine, le photojournaliste espagnol Gervasio Sánchez esquisse l’émouvant portrait d’une génération sacrifiée.

À l’hiver 2019-2020, Gervasio Sánchez s’est rendu à Sarajevo dans l’espoir de retrouver les enfants qu’il avait photographiés durant l’interminable encerclement, de 1992 à 1996, de la ville par les forces serbes. En mobilisant ses contacts, qui ont diffusé les clichés sur les réseaux sociaux, et en menant des “enquêtes de voisinage”, il est parvenu à identifier une poignée d’entre eux. Edo, l’ancien gamin des taudis, qui s’aventurait dans les ruines de la Bibliothèque nationale incendiée, se démène pour offrir à son fils les opportunités dont il a été privé. Alma, photographiée avec sa petite sœur sur une balançoire à bascule devant un char de l’ONU, travaille dans l’hôtellerie et estime que le conflit l’a rendue plus forte. Saisi en train de jouer au basket dans la cour de leur immeuble criblé d’impacts, Damir a intégré l’équipe nationale avant que son corps, marqué par les privations, ne lui impose une retraite prématurée. Jasmin, qui rêvait de réformer la vie politique bosnienne, n’en a retiré qu’une immense amertume.

Ils avaient entre 5 et 15 ans lors du siège de la ville et, pour certains d’entre eux, les saisissants clichés en noir et blanc que leur offre Gervasio Sánchez demeureront les seuls témoignages visuels de leur enfance en guerre, dont le souvenir traumatique se mêle de nostalgie. Dans un Sarajevo enneigé éminemment cinématographique, ce documentaire touchant dessine le portrait d’une génération brisée, en manque de perspectives dans un pays corrompu et divisé qui n’a pas pansé ses plaies.