Le drame des migrants expulsés d’Algérie et abandonnés dans le désert… à 15 km de la frontière

En 2016, ce jeune Camerounais tente de fuir la misère. Il a alors 18 ans et décide avec un ami de partir vers le nord. « La réussite ou bien la mort, c’est ce qu’on avait focalisé dans nos têtes. On avait toute la volonté. Aller au moins dans un endroit où on peut gagner mieux et aider nos proches. »

«…un endroit où on peut gagner mieux…»

La route est difficile et l’insécurité les pousse toujours plus loin. Jusqu’à Oran en Algérie. Finalement, il tente de passer au Maroc pour rejoindre l’Europe. « A 20 km de la frontière marocaine, une patrouille algérienne nous a pris. »

Plusieurs personnes sont blessées, tuées, en tentant de fuir. Puis c’est l’expulsion. Ils sont près de 400 à être acheminés jusqu’à ce qu’on appelle le « Point zéro ». En plein désert, entre la frontière algérienne et nigérienne.

« Quand ils nous ont laissés, ils ont commencé à tirer en l’air. Ils ont dit “sauve qui peut, voici la route du Niger là-bas”. C’est 15 km, sans eau, sans rien. Et sans tenir compte des gens blessés, sans tenir compte des gens malades qui étaient souffrants… »

Il ne possède plus rien et décide de poursuivre sa route. Mais il se perd. Et va errer dans le désert. « On était déjà pratiquement à sec, on voyait notre mort en face. Si tu marches, tu n’as pas d’eau mon ami, tu meurs. »

Il a la chance d’être sauvé par un voyageur qui le ramène à Agadez. C’est là qu’il est installé aujourd’hui. Plusieurs ONG […] dénoncent ces traitements inhumains.

rfi