Le français Recygroup chargé de proposer une solution pour traiter les déchets au port de Beyrouth

Depuis l’explosion du 4 août, béton, ferraille et déchets de toutes sortes s’amoncellent au port de Beyrouth. Pour y remédier, les autorités libanaises ont décidé de faire appel à un groupe français basé dans la région de Lille, au nord de l’Hexagone. Ce dernier, dénommé Recygroup a signé, le 15 janvier, avec la direction du port un contrat pour la réalisation d’une étude portant sur le traitement et la valorisation des quelque 30 000 tonnes de débris en tout genre qui encombrent désormais le site. Le ministère de l’Économie a également autorisé l’entreprise à mener des études complémentaires sur les silos et le grain accumulé sur place, et à proposer des solutions de sécurisation et de réaménagement.

Les opérations de collecte et de valorisation ne sont cependant pas prêtes de commencer. «Ce qui a été signé, c’est une autorisation pour que nous puissions commencer à réfléchir à un futur cahier des charges», prévient Jérémy Coudrais, président et fondateur de Recygroup. Au cours de la dernière semaine de janvier, deux ingénieurs du groupe français se rendront à Beyrouth pour effectuer des premières analyses au port et rencontrer les acteurs locaux.
Des rapports préliminaires sur les débris et déchets de l’explosion ont déjà précédemment été réalisés. Fin octobre, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) publiait un document estimant approximativement la quantité de déchets produits par l’explosion, non seulement au port mais également dans les quartiers touchés. Ce dernier faisait état de plus d’un million de tonnes de déchets de construction, de plus de 14 000 tonnes de verre et d’environ 204 000 mètres cubes de débris de toute sorte. «Ces études et d’autres éléments, comme les photographies de drones, vont nous aider dans notre travail», estime Jérémy Coudrais.

Valoriser les déchets

Ce n’est qu’après cette étape de collecte exhaustive de données que Recygroup sera en mesure de déterminer la meilleure manière de récupérer et de valoriser les matériaux. «Il faut trouver quoi faire de tout ce béton et de cette ferraille, qui pourraient certainement être utiles au secteur de la construction. Le port regorge aussi de carcasses de voitures qu’il sera nécessaire de dépolluer avant de les démonter», détaille Jérémy Coudrais. «Nous comptons travailler avec les universités et entreprises locales». L’objectif étant de créer de nouvelles filières de recyclages sur lesquelles se baseront des boucles d’économie circulaire : les matériaux sont récupérés et recyclés par des sociétés libanaises, qui les revendraient à moindre coût à d’autres entreprises, qui elles-mêmes s’en servent pour leurs différents projets. Dans l’idéal, rien ne se perd, et des emplois sont créés.
La mission de Recygroup devrait durer 10 mois. «D’ici à la fin mars, nous devrions avoir identifié 90% du travail qu’il faudra effectuer», précise Jérémy Coudrais.  

D’un montant de 820 000 euros, la totalité de l’étude sera financée par la France, dans le cadre d’un Fonds d’études et d’aide au secteur privé (FASEP), un dispositif de subvention à destination des entreprises françaises souhaitant réaliser, à l’international, des études de faisabilité pour des projets durables.