Le golfe de Guinée, nouveau terrain de chasse des pirates des mers

Le golfe de Guinée est devenu ces dernières années le cauchemar des navires transporteurs, des enlèvements de marins étant très fréquents dans la zone. Pour endiguer ce fléau, l’armée camerounaise a mis les moyens pour sécuriser les navires dans cette zone.

La semaine dernière, quinze membres d’équipage d’un navire-citerne transportant des produits chimiques a été pris d’assaut par des pirates, alors qu’il naviguait à 389 kilomètres au sud de Cotonou, au Bénin. Si les quinze membres d’équipage se portent bien la compagnie maritime néerlandaise à laquelle appartient le navire-citerne, le golfe de Guinée est devenu, depuis quelques années, la route maritime la plus dangereuse au monde, la piraterie y demeurant un risque majeur.

Ainsi, les attaques de navires pour enlever leurs équipages et les échanger contre des rançons sont devenues très fréquentes ces dernières années dans le golfe, alors que 130 des 135 enlèvements de marins recensés dans le monde l’année dernière ont eu lieu dans le golfe de Guinée. Pour lutter contre ce fléau, de multiples mesures ont été prises, le Danemark annonçant récemment qu’il allait envoyer une frégate et 175 marins pour lutter contre ces pirates entre novembre 2021 et mars 2022.

Des militaires à bord comme force dissuasive

Localement, au large du port de Douala, au Cameroun, dans la zone de “mouillage”, où les navires sont à l’arrêt et donc plus vulnérables, les équipages ont renforcé leur sécurité pour empêcher les pirates de monter à bord. Des mesures insuffisantes selon les forces maritimes camerounaises. “Ça ne suffit pas ! Ça ne peut pas arrêter le brigand, le pirate. Il va, en quelques minutes, escalader ça”, indique un membre du bataillon camerounais d’intervention rapide (BIR).

“C’est la raison pour laquelle nous renforçons avec des combattants, qui sont présents comme effet dissuasif”, ajoute-t-il au micro de TF1. En effet, depuis quelques mois, le Cameroun a mis les moyens pour enrayer ce phénomène, postant des militaires armés sur de nombreux navires traversant la zone. Du côté des navires, les équipages sont désormais barricadés à bord de navires transformés en bunkers.

Les plateformes pétrolières, cibles privilégiées

Pour Alkie Maragakis, le commandant du navire Vantage Monrovia, l’attaque de pirates est une obsession et tout a été fait pour s’en prémunir, le navire disposant d’une “citadelle”, une pièce secrète et blindée, l’ultime SAS de sécurité pour les marins. “C’est notre pièce spéciale où nous avons préparé de la nourriture, de l’eau et des couvertures. On peut rester un, deux ou trois jours dans la citadelle, sans aucun problème”, explique le capitaine.

Outre les navires-citernes ou les portes-conteneurs, les plateformes pétrolières et leurs expatriés figurent parmi les lieux à surveiller et protéger en priorité pour le colonel François Pelene, coordonnateur du bataillon d’intervention rapide : “Quand vous voyez des plateformes comme ça, il y a beaucoup de monde à l’intérieur. Vous allez trouver plein d’expatriés là-dedans. Pour ces pirates-là, ce sont vraiment des cibles à valeur ajoutée.”

Néanmoins, depuis la mise en place de ce dispositif de protection de l’armée camerounaise, aucune attaque pirate d’envergure n’a eu lieu dans cette partie camerounaise du golfe de Guinée. De quoi pousser le principal armateur mondial à réclamer une opération militaire internationale, comme autrefois au large de la Somalie, pour que cesse la peur sur la nouvelle route des brigands de mer.