Le grand mystère du sandwich au thon sans thon des restaurants Subway

Un an après que la justice irlandaise ait jugé le pain des sandwichs Subway en Irlande trop sucré pour pouvoir être considéré comme tel, c’est au tour des sandwichs au thon de l’enseigne d’être attaqués en justice, en Californie, pour leur composition. Un laboratoire américain a analysé la composition du thon utilisé par la chaîne de restaurants et n’a pas réussi à déceler une véritable trace de quelques espèces de ce poisson.

Subway décrit son sandwich au thon comme un « pain fraîchement sorti du four » recouvert de « thon émietté mélangé à de la mayonnaise crémeuse, puis garni de légumes frais et croquants de votre choix ». Mais en réalité, ce sandwich pourrait ne pas contenir de thon du tout, rapporte le Washington Post. Le New York Times a également enquêté et menu une batterie de tests ADN sur les sandwichs pour identifier leur composition.

Des tests dans un laboratoire indépendant

Résultats  : l’ingrédient présenté comme du « thon » pour les sandwichs et wraps de la chaîne n’en serait pas. Des tests de « plusieurs échantillons  » prélevés dans des enseignes Subway de Californie et effectués dans un laboratoire indépendant, montrent que le « thon » est « un mélange de diverses concoctions qui ne constituent pas du thon, mais qui ont été mélangées par les accusés pour imiter l’apparence du thon », selon la plainte. « Aucun ADN de thon quantifiable n’était présent dans l’échantillon et nous n’avons donc obtenu aucun produit d’amplification à partir de l’ADN. Par conséquent, nous ne pouvons pas identifier l’espèce », a conclu l’étude.

Shalini Dogra, l’un des avocats des plaignants (Karen Dhanowa et Nilima Amins), a refusé de dire exactement quels ingrédients les tests de laboratoire ont révélés. « Nous avons découvert que les ingrédients n’étaient ni du thon ni du poisson », a déclaré l’avocat dans un e-mail au Washington Post. Karen Dhanowa et Nilima Amin poursuivent notamment Subway pour fraude et fausse déclaration intentionnelle. Les plaignants affirment qu’ils « ont été amenés à acheter des produits alimentaires qui manquaient totalement des ingrédients qu’ils pensaient raisonnablement acheter » sur la base de l’étiquetage, de l’emballage et de la publicité de Subway.

Fiabilité de l’étude

Pour le media économique Business Insider, il y aurait un « malentendu » dans l’interprétation des résultats de l’enquête. Il cite un communiqué de l’enseigne Subway qui remet en cause la fiabilité de l’étude, déjà nuancée par le New York Times  : « Les tests ADN sont une méthodologie peu fiable pour identifier le thon transformé », affirme la chaîne de restauration dans le communiqué, qui précise l’ADN du thon cuit ne peut pas être être analysé précisément. Subway souligne que « l’incapacité des tests ADN à confirmer la présence d’une protéine spécifique » ne doit pas être confondue « avec la preuve que la protéine n’est pas présente ». En gros, selon l’enseigne, les analyses ADN ne prouvent pas la présence du thon, mais ne prouvent pas non plus qu’il n’y en a pas.

The New York Times