Le Havre (76) : Un jeune Africain râblé impliqué dans une tentative de meurtre contre des migrants

Un jeune homme du quartier havrais de Caucriauville, qui refuse de livrer le nom de son complice ayant tiré sur un étranger dans un appartement, reste en détention jusqu’à son procès devant une cour criminelle.

Détenu au Havre suite à une tentative d’assassinat le 27 mars 2020, peu après 23 heures, dans le quartier Caucriauville, ce jeune Africain râblé avait voulu jouer les vengeurs en participant à une expédition punitive.

L’expédition punitive dans un appartement de Caucriauville avait failli virer au drame. Un migrant a reçu une balle en caoutchouc dans le ventre

Appartement de l’Armée du Salut

Cette nuit-là, les policiers sont alertés que plusieurs hommes entrent par effraction dans un appartement mis à disposition de l’Armée du Salut et occupé par des étrangers en attente de régularisation.

Un coup de feu a été entendu pendant ce qui s’avérera une vendetta qui a fait un blessé grave : la victime a pris une balle en caoutchouc tirée par un fusil. Des morceaux du projectile seront extraits du corps du locataire.

Suite à une altercation

Membre d’une bande de jeunes du quartier qui voulait s’en prendre aux migrants suite à une altercation, le jeune détenu est revenu sur sa première déclaration devant les enquêteurs dès lors que son complice ne s’était pas rendu. Désormais, il nie avoir tiré sur la victime mais reconnaît bien avoir participé à l’agression, admettant uniquement l’usage d’une bombe lacrymo.

Dans le box de la chambre de l’instruction jeudi 29 juillet 2021, ce trentenaire condamné à 10 reprises pour des vols et des violences n’était sorti de détention que quelques semaines avant de commettre la tentative d’assassinat pour laquelle il comparaîtra devant une cour criminelle. Elle a failli tourner au drame.

« Le tireur n’est pas mon client »

La loi du quartier étant ce qu’elle est, ce natif de Montivilliers, qui n’a jamais travaillé, ne livre toujours pas le nom du tireur en fuite et dédouane même l’un des autres participants à cette expédition punitive qui avaient repéré les lieux.

Me Guillaume Routel, qui plaide la remise en liberté de son client engeôlé depuis seize mois, estime que ce dernier n’a pas tenté de se défausser ; qu’il a même joué son rôle dans ce dossier. « Je vous rappelle que la victime connaît l’auteur du tir, elle a bien dit que ce n’est pas mon client !  » argue l’avocat havrais. Et de solliciter auprès de la cour le placement sous bracelet électronique.

« Intolérable ! »

« Il est en détention depuis seize mois, mais à cause de lui car il n’a toujours pas donné le nom de son complice de cette vengeance personnelle. C’est intolérable de tirer à bout portant sur quelqu’un, de casser les portes d’un appartement. Il existe un trouble à l’ordre public massif de la part du détenu qui n’a pas toujours répondu aux exigences de la justice », requiert d’une voix douce l’avocat général Patrice Lemonnier. On l’aura compris : le parquet n’envisage pas une seconde de voir ce détenu prendre l’air. Comme le plus clair du temps, il a été entendu.

Paris-Normandie