Le nombre d’Algériens en situation irrégulière en Europe a doublé depuis 2017

Le nombre d’Algériens en situation irrégulière en Europe a pratiquement doublé en trois ans, selon le rapport sur l’état des relations UE-Algérie, diffusé le 8 décembre par la Commission européenne. En effet, selon les statistiques publiées dans ce rapport, le nombre d’Algériens en situation irrégulière sur le territoire de l’UE est passé de 15 005 en 2017 à 30 890 en 2019.

Ce chiffre n’est pas seulement dû aux entrées clandestines sur le territoire européen. Il est aussi le résultat du faible taux de retour des Algériens entrés en Europe avec un visa. Un taux de retour « qui a baissé de 21,4% en 2018 à 19,5% en 2019 », selon la Commission européenne. Cette dernière constate que ce taux « reste considérablement inférieur à la moyenne enregistrée pour les ressortissants des pays tiers (36% en 2018 et 32% en 2019) ».

Dans ce bilan, il est aussi expliqué que bien que « certains États membres de l’UE (aient) conclu des accords bilatéraux de retour et de réadmission avec l’Algérie », ils « connaissent des difficultés, en particulier en ce qui concerne la lenteur du processus d’identification et la courte durée des laissez-passer délivrés ». Il « existe, selon le même rapport, de fortes différences de coopération d’un pays à l’autre. L’UE dispose d’un mandat pour la négociation d’un accord de réadmission depuis 2002, mais l’Algérie n’a à ce jour pas confirmé son accord pour le démarrage de négociations ».

Les pistes de l’immigration clandestine

Par ailleurs, la Commission européenne affirme que « concernant l’arrivée irrégulière de migrants algériens dans l’UE, les chiffres pour 2018 sont de 5% (1 185) par mer sur la route de la Méditerranée centrale et de 8,4%(4 652) sur la route de la Méditerranée occidentale, avec une partie des ressortissants algériens arrivant en Espagne via le Maroc ». La Commission européenne explique que ce qui est le « plus frappant est le nombre élevé d’Algériens qui arrivent irrégulièrement en Espagne cette année. En 2020 et jusqu’à fin juillet, les chiffres sont, respectivement, de 5% (550) et 55% (2600). Des détections dans la région des Balkans occidentaux en 2019 indiquaient que des ressortissants algériens traversaient également la Turquie et la route de la Méditerranée orientale ».

Le rapport parle aussi des autres pistes qu’empruntent les Algériens pour arriver en Europe. Il révèle que « le nombre d’arrivées irrégulières de nationalité algérienne en Slovénie, notamment 1 885 en 2019, était presque deux fois plus élevé que le nombre d’arrivées en Italie. Les chiffres sur cette route en 2020 ont considérablement baissé, probablement en raison de la restriction des visas électroniques pour la Turquie pour les ressortissants algériens depuis le 1er octobre 2019 ».

Le rapport note que « la vaste majorité de migrants quittant de manière irrégulière l’Algérie sont des ressortissants algériens (autour de 90%). Les migrants subsahariens préfèrent majoritairement la route via le Maroc ».

Source: ObservAlgérie