Loudes (43) : Le tribunal administratif ordonne l’expulsion de “Monsieur X se disant Madama Diawara” (Màj : Le clandestin entre en clandestinité)

15/04/2021

Madama Diawara, pour lequel l’Obligation de quitter le territoire français (OQTF) a été confirmée par le tribunal administratif de Clermont, est entré dans la clandestinité. Sa famille d’accueil a décidé de continuer le combat pour Madama et tous ceux qui vivent la même situation.

Madama a disparu. On ne sait pas où il est et si on le reverra un jour”

De retour à son domicile, le couple a découvert dans sa boîte aux lettres une convocation au commissariat de police jeudi prochain, Éric Durupt devant répondre d’outrage à agent en février lors sa grève de la faim. Lui et sa compagne avaient voulu entrer dans la préfecture avec Madama.

Depuis lundi, jour de l’audience en appel devant le tribunal administratif de Clermont, Madama a disparu. Il ne se présente plus à la gendarmerie de Saint-Paulien, ce qui fait de lui un clandestin en France. “On ne sait pas où il est, on est inquiet. Il a quitté la maison, c’est son choix. On ne sait pas si on le reverra un jour”, témoignent Eric Durupt et Véronique de Marconnay, les parents d’accueil de Madama.

Une procédure éprouvante

Jeudi après-midi, entourés d’une cinquantaine de soutiens sur la place du Breuil au Puy-en-Velay, ce couple d’enseignants de Loudes ont fait une déclaration, “sans doute la dernière”. Eric Durupt est revenu sur la procédure, sur ces messages “racistes et abjects” reçus, “ce gâchis humain dont sont victimes des milliers de personnes en France”, cette politique migratoire “d’une rare violence” dans un pays “qui se revendique des Droits de l’homme”.

Le tribunal administratif ne confirme pas que les procédures et les lois sont bonnes. Il confirme que le préfet les a respectés, c’est différent“, estime Eric Durupt.

L’exemple de Cédric Herrou

Avec sa compagne, il continue le combat juridique en allant chercher les forces là où elles se trouvent : auprès des soutiens politiques, citoyens, syndicaux, ou encore auprès du combat mené et gagné par Cédric Herrou dans la vallée de la Roya. A la question de savoir s’ils ont encore de l’espoir, ils évoquent “plutôt le désespoir”.

“On a besoin de repos, on est un peu perdu actuellement, le préfet nous a pas mal détruits. On reste debout. Car comme le dit la chanson et le clip, Madama s’écrit avec un “s”. Des Madama, il y en a des milliers en France, il y en a d’autres en Haute-Loire.”

Le préfet conforté par la justice

Dans un communiqué transmis jeudi au moment où la famille d’accueil s’exprimait face à la préfecture, la préfecture a rappelé la situation : “Le juge administratif qui avait été saisi d’un recours en annulation sur la légalité de la mesure d’éloignement aussi bien que celle portant assignation à résidence, a confirmé le 13 avril 2021 en tout point la légalité de chacune des deux mesures. Depuis le 12/04/2021, M. X se disant Diawara Madama ne s’est plus présenté à la brigade de gendarmerie de Saint-Paulien où il avait l’obligation de pointer tous les lundis et jeudis. Il devient désormais passible des sanctions pénales, soit un an d’emprisonnement.”

La Commère 43

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14/04/2021

Mercredi 14 avril, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a maintenu l’Obligation de quitter le territoire français de Madama Diawara. Ce jeune Malien de 19 ans vivait en Haute-Loire depuis 2 ans.

Le couperet est tombé ce mercredi 14 avril. Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de son avocate et maintient l’OQTF (Obligation de quitter le territoire français) de Madama Diawara. Une décision confirmée par la préfecture de Haute-Loire. Ce jeune Malien de 19 ans vivait en Haute-Loire depuis 2 ans. Véronique de Marconnay avait accueilli le jeune sans-papiers avec son compagnon Eric Durupt au sein de leur foyer. Elle indique : « La requête est rejetée. L’OQTF est maintenue. C’est perdu. On est très affectés mais pas surpris. Le moral n’est pas au beau fixe. On peut encore faire appel de la décision du tribunal administratif. Nous devons d’abord nous entretenir avec notre avocate mais on a bien envie de faire appel ».

Laurette Pays, membre de RESF qui soutient la cause du jeune Madama, explique : « L’OQTF est maintenue. Madama va être rapatrié dans son pays par vos impôts et les miens. Nous allons lui payer un voyage qui le ramènera chez lui, contraint et forcé. Je pense que ça devrait aller vite, vu le calendrier. Mais je n’en sais rien. Cette décision est un coup dur. Toute la situation est difficile. La décision du tribunal n’est pas un coup plus dur que le reste, on s’y attendait. On se heurte à des procédés administratifs extrêmement violents. Madama n’est pas le premier ni le dernier ». 

Laurette Pays a pu contacter Véronique de Marconnay et Eric Durupt. Elle raconte : « Quand on apprend une nouvelle pareille qui concerne quelqu’un à qui on s’est beaucoup attaché, imaginez comment on peut être. Quand on est devant une injustice flagrante, on ne peut pas être heureux, c’est impossible. Il y a le bon sens qui fait dire que nous nous heurtons à une machine judiciaire et administrative machiavélique et il y a l’affection qu’on porte à ces jeunes qui nous donne énormément de souffrances. Nous devons continuer d’avancer car il n’est pas seul ».

Plusieurs rebondissements

Accueilli en décembre 2018 par un couple d’enseignants de Haute-Loire après avoir traversé la Méditerranée puis les Alpes jusqu’à Briançon, le jeune homme avait été scolarisé puis avait effectué un premier stage chez un couple d’éleveurs qui lui avait proposé un contrat d’apprentissage. Mais la préfecture de Haute-Loire refusait de lui délivrer un titre de séjour, mettant en doute l’authenticité de son acte de naissance. Le 25 février, un nouvel acte de naissance a été fourni à la préfecture qui s’était engagée à ce qu’il soit expertisé rapidement par la police de l’Air et des Frontières. Mardi 9 mars, Madama Diawara, avait été placé en garde à vue pour “usage de faux documents” après une convocation par la police de l’Air et des Frontières à Gerzat (Puy-de-Dôme) puis conduit dans un centre de rétention administrative à Lyon.  

Une pétition lancée

Le compagnon de Mme De Marconnay, Eric Durupt, avait entamé une grève de la faim le 30 janvier pour réclamer sa régularisation, avant d’y mettre un terme quinze jours plus tard dans l’espoir d’une nouvelle décision. La situation du jeune homme avait suscité une vague de soutien en Haute-Loire et une pétition lancée par le couple a recueilli à ce jour plus de 37 500 signatures. Véronique De Marconnay et Eric Durupt, s’exprimeront ce jeudi 15 avril à 14 heures au Puy-en-Velay lors d’une conférence de presse.

France3

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12/04/2021

Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a étudié ce lundi matin (après une audience repoussée vendredi), le recours formulé par l’avocate de Madama Diawara contre l’OQTF (Obligation de quitter le territoire français) qui vise le jeune Malien de 19 ans. Ses parents d’accueil, Véronique De Marconnay et Éric Durupt étaient présents à ses côtés au cours de l’audience.

Bien qu’au Puy-en-Velay, le rassemblement devant la préfecture, prévu à 11 heures (heure de l’audience) n’a pas pu tenir toutes ses promesses, une quarantaine de personnes avaient en revanche fait le déplacement pour soutenir le jeune homme devant le tribunal à Clermont-Ferrand. Le jugement a été mis en délibéré et il devrait être rendu ce mardi.

Le Progrès

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18/03/2021

Madama vedette d’un clip de soutien enregistré par un collectif d’artistes altiligériens. Ce mardi après-midi, un clip musical a été posté sur YouTube en soutien à Madama Diawara, le jeune Malien menacé d’expulsion et accueilli dans une famille de Loudes.

Un clip de cinq minutes avec des artistes locaux

Le clip regroupe plusieurs artistes locaux, réunis autour de Rémi Peyrache et des membres de son groupe Lo Radzouka (« les rats perchés » en occitan). De nombreux plans du clip, qui dure près de cinq minutes, ont été tournés lors de la manifestation de soutien au jeune homme, samedi dernier devant les grilles de la préfecture du Puy-en-Velay.

La famille d’accueil de Madama est toujours en attente d’une nouvelle date d’examen de son appel contre l’OQTF (Obligation de quitter le territoire français) devant tribunal administratif de Lyon, après le report de l’audience, qui devait se dérouler ce mardi, à une date ultérieure.

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16/03/2021

La préfecture de Haute-Loire condamne une série de tags racistes découverts à Loudes. La préfecture de Haute-Loire va faire un signalement au parquet du Puy-en-Velay après la découverte de tags racistes à Loudes (Haute-Loire). Son ou ses auteurs semble(nt) féliciter le préfet pour sa gestion du cas Madama Diawara, ce Malien menacé d’expulsion.

En Haute-Loire, la préfecture condamne une série de tags racistes découverts ces derniers jours, vraisemblablement en lien avec Madama Diawara, ce jeune Malien installé depuis deux ans dans le département et menacé d’expulsion. Ces tags ont été découverts à Loudes (Haute-Loire) en bord de route, zone de Coubladour. Des inscriptions à la bombe de peinture noire : “Bravo Monsieur le préfet, les noirs dehors“, “Vive le Pen, Etienne et Papon” ou encore “Continuer M. Etienne : OQTF pour tous ces nègres“.

La préfecture va signaler les faits au parquet

Pour le moment, on ne sait pas qui est (sont) le ou les auteurs de ces tags mais ils semblent faire référence au cas de Madama Diawara, arrêté la semaine dernière et placé en centre de rétention à Lyon, puis finalement libéré mais qui est toujours sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et donc expulsable vers son pays d’origine. Éric Etienne, le préfet de Haute-Loire, a condamné ces tags dans un communiqué daté de ce mardi. Un courrier est en cours de rédaction pour signaler ces faits au procureur de la République du Puy-en-Velay. Une enquête en flagrance pour “dégradation par inscriptions à caractère raciste” est ouverte. Elle est instruite par les gendarmes de la compagnie du Puy-en-Velay.

France Bleu

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13/03/2021

Au lendemain du rejet d’un recours d’Eric Durupt et Véronique de Marconnay, les parents d’accueil ont obtenu une victoire en obtenant la lbération de Madama Diawara du centre de rétention administrative à Lyon.

Ce vendredi à 18 heures, le jeune Malien a été libéré et a rejoint la Haute-Loire où il vit depuis plus de deux ans. “La rétention a été levée, mais la lutte continue”, témoigne Eric Durupt qui profitait vendredi soir de ces retrouvailles après trois jours de séparation depuis la garde à vue dans le Puy-de-Dôme puis le transfert au centre de rétention administrative à Lyon, sur décision du préfet de Haute-Loire.

“La mauvaise nouvelle : le préfet a délivré 3 nouvelles OQTF (Obligation de quitter le territoire français) à d’autres jeunes”, ajoute le comité de soutien à Madama. Le jeune homme a rendez-vous mardi pour la levée éventuelle de son OQTF, reçue mardi 9 mars. Samedi, une nouvelle manifestation est organisée à 10 heures sur la place de la préfecture au Puy-en-Velay.

La Commère 43

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12/03/2021

Le clandestin maintenu en Centre de Rétention par la justice malgré un recours

La requête contre le placement en centre de rétention de Madama Diawara, jeune Malien menacé d’expulsion, a été rejetée jeudi matin par le juge des libertés et de la détention à Lyon, a indiqué jeudi le couple qui héberge le clandestin.

Le Progrès

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11/03/2021

Les proches de Madama, ce jeune malien menacé d’expulsion et installé en Haute-Loire depuis deux ans, attendent beaucoup de l’audience devant le juge des libertés et de la détention. Il doit se prononcer ce jeudi matin sur le placement du jeune homme en centre de rétention à Lyon, après son arrestation mardi. “Il est tombé dans un guet-apens“, dénonce ce matin Christine Chevalier, une des porte-paroles de RESF en Haute-Loire (Réseau éducation sans frontières), un collectif qui soutient les sans-papiers et les demandeurs d’asile, qui était ce matin l’invitée de France Bleu Saint-Étienne Loire.

Une “démonstration de force” du préfet de Haute-Loire

La dureté de la politique migratoire est vraiment choquante, c’est quelque chose qui nous révolte. Ce jeune a été pris en charge par un couple d’enseignants qui l’ont éduqué complètement, il est en train de passer un CAP, ses employeurs sont contents de lui donc on est complètement interloqué”, explique Christine Chevalier.

Madama Diawara est sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français et pourrait donc être renvoyé au Mali, son pays d’origine. Une procédure qui doit également être contestée en justice par les soutiens du jeune homme, mais qui inquiète Christine Chevalier. “Ça peut aller vite, sous huit jours. On est vraiment dans une démonstration de force du préfet de Haute-Loire.”

Des documents d’identité “faux” selon la préfecture, authentiques pour les proches de Madama

Mais selon la préfecture, si Madama a été arrêté et envoyé en centre de rétention, c’est parce que les documents d’identité qu’il a fourni aux autorités françaises sont considérés comme faux. Cela concerne les papiers présentés fin janvier, mais aussi ceux présentés un mois plus tard. “Les autorités compétentes maliennes ont confirmé elles-mêmes que les documents fournis par M. Diawara ne sont pas authentiques“, peut-on lire dans un communiqué de la préfecture de Haute-Loire.

C’est un prétexte, le préfet applique la loi de manière très dure“, explique Christine Chevalier. “Il y a des départements différents et des manières d’appliquer la loi différemment. On a vu d’autre cas de régularisation (comme cet apprenti boulanger guinéen à Besançon) et on pensait que ça se passerait comme ça pour Madama. Mais le préfet ne veut pas envisager les aménagements possibles et les portes de sortie. C’est brutal.”

“Il faut examiner chaque cas dans sa spécificité”, enchaîne cette porte-parole de RESF en Haute-Loire. “Peut-être qu’un jeune malien qui vient d’une ville aura plus de facilité à prouver son identité. Dans le cas de Madama, il vient d’un petit village, et peut-être que l’état civil n’est pas si performant que ça… Mais nous sommes persuadés que ces documents sont vrais.

France Bleu

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10/03/2021

Convoqué par la Police de l’air et des frontières à Gerzat (Puy-de-Dôme), le jeune Malien Madama Diawara aurait été escorté, selon les membres de son comité de soutien, jusqu’au centre de rétention administrative de Lyon ce mardi 9 mars, à l’issue de son audition.

Le couple d’enseignants qui hébergeait Madama Diawara depuis plus de deux ans est sous le choc. Convoqué ce mardi 9 mars, dès 9 h 30, au commissariat de Gerzat (dans le Puy-de-Dôme) par la police de l’air et des frontières (Paf), le jeune Malien a été “placé en garde à vue pour usage de faux papiers”, a indiqué ce même jour Véronique de Marconnay.

En fin de journée, les membres du comité de soutien – quelques-uns avaient fait le déplacement jusqu’à Gerzat pour épauler Madama et sa famille d’accueil – ont fait savoir, notamment via les réseaux sociaux, que le jeune homme avait été escorté jusqu’au centre de rétention administrative de Lyon à l’issue de son audition, en vue d’être expulsé.

Une mobilisation prévue mercredi, au Puy

Un “rebondissement inattendu et horrible”, selon les termes du Réseau éducation sans frontières de la Haute-Loire qui a appelé les Altiligériens à se mobiliser ce mercredi 10 mars, dès 14 heures, devant la préfecture du Puy-en-Velay tandis que l’avocate de la famille d’accueil envisagerait de contester l’OQTF (obligation de quitter le territoire français). […]

L’Eveil

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09/03/2021

Un jeune Malien, accueilli en Haute-Loire et menacé d’expulsion, a été placé en garde à vue mardi 9 mars au commissariat de Gerzat (Puy-de-Dôme), a indiqué l’enseignante qui l’héberge et dont le compagnon avait observé une grève de la faim.

«Madama a été convoqué par la police de l’Air et des Frontières à Gerzat ce mardi matin et a été placé en garde à vue pour usage de faux documents», a déclaré Véronique de Marconnay. «Mon compagnon et moi avons été interrogés séparément en audition libre», a-t-elle ajouté. «C’est très dur pour nous émotionnellement de voir Madama dans cette situation, mais nous allons rester ici jusqu’à ce qu’il soit libéré», a affirmé l’enseignante, présente devant le commissariat avec son compagnon.

«L’affaire est en cours», a indiqué un porte-parole de la police de l’Air et des Frontières qui n’a pas souhaité donner plus d’informations. Madama Diawara, jeune Malien de 19 ans, avait été accueilli en décembre 2018 par le couple après avoir traversé la Méditerranée puis les Alpes jusqu’à Briançon. Il avait été inscrit dans un établissement pour obtenir un CAP d’ouvrier agricole et avait effectué un premier stage chez un couple d’éleveurs qui lui avait proposé un contrat d’apprentissage. […]

Le Figaro

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08/03/2021

Six semaines après le début de la mobilisation en faveur de Madama Diawara, un jeune Malien menacé d’expulsion alors que des études agricoles l’attendent, un nouveau rendez-vous est fixé pour lui et sa famille d’accueil mardi 9 mars à Gerzat (Puy-de-Dôme).

Madama Diawara est de nouveau convoqué. Cette fois-ci, il doit se rendre à Gerzat (Puy-de-Dôme) mardi 9 mars à 9 h 30 pour répondre aux questions d’un officier de police judiciaire. Ses parents d’accueil, Eric Durupt et Véronique de Marconnay, pourront l’accompagner au rendez-vous, ce qui n’avait pas été le cas lors des deux dernières rencontres en préfecture au Puy-en-Velay.

De nouveaux documents fournis le 25 février

Ce rendez-vous intervient dix jours après le dernier entretien au Puy où Madama avait présenté de nouveaux documents officiels, reçus du Mali, son pays d’origine. Comme les premiers papiers d’état civil, ils devaient être expertisés par la Police aux frontières. “La préfecture du Puy-en-Velay s’était engagée à faire une expertise rapide des documents d’identité fournis le 25 février, afin d’apporter dans un délai rapide une réponse à la demande de titre de séjour. Au lieu de cela, nous recevons cette convocation de la Police aux frontières, qui suggère à tout le moins que la réponse tant attendue va être à nouveau retardée, ce que nous regrettons vivement“, témoigne le couple de Loudes, qui héberge Madama depuis plus de deux ans et son arrivée en France. Il était alors mineur.

Une procédure initiée en janvier 2020

Toutefois, nous voulons croire que cet entretien, qui permettra à Madama de montrer sa bonne foi, a pour but de faire avancer le dossier vers une issue que nous espérons favorable. Comme nous l’avons toujours fait depuis le début de cette procédure (initiée le 2 janvier 2020), nous nous plions scrupuleusement aux demandes des autorités. Nous sommes tout à fait disposés à répondre à toute question, à fournir tout éclairage susceptible de permettre l’aboutissement de plus d’un an de démarches administratives et de plus d’un mois d’une mobilisation éprouvante dont aucun d’entre nous ne sort indemne, tant physiquement que psychologiquement. Nous restons cependant déterminés à poursuivre cette lutte jusqu’au bout.”

Un appel au soutien devant le commissariat de Gerzat

Bien que le rendez-vous soit délocalisé dans le Puy-de-Dôme, les parents d’accueil en appellent à un soutien sur place, comme cela était régulièrement le cas ces dernières semaines au Puy. “C’est dans cet espoir de voir enfin le bout du tunnel, et de voir M. Diawara être autorisé à poursuivre son parcours modeste mais semé d’embûches, que nous serons présents dès 9 heures ce mardi 9 mars devant le commissariat de police de Gerzat. Nous remercions toutes les personnes qui pourront manifester leur soutien à Madama.”

La Commère 43

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27/02/2021

Nouveau rebondissement dans l’affaire Madama. Après la déception de la semaine dernière, une lueur d’espoir semble apparaître pour le jeune Malien : « Nous avons eu un nouveau rendez-vous jeudi matin à la préfecture. À cette occasion, on m’a dit que les nouveaux documents d’identité de Madama devraient très rapidement être expertisés », explique, soulagée, Céline d’Amore, membre de RESF (Réseau éducation sans frontière) en Haute-Loire, qui a accompagné Madama.

Un soutien de taille

Pour Éric Durupt, son « père d’accueil », c’est une bonne nouvelle puisque « l’expertise précédente avait duré six mois ». « Ensuite, dans le meilleur des cas, il recevra un récépissé (un document provisoire de séjour) si les papiers sont validés par la police aux Frontières », ajoute Céline d’Amore. De son côté, la préfecture de la Haute-Loire a confirmé dans un communiqué que, « à ce stade, la procédure d’éloignement envisagée est suspendue dans l’attente de la vérification de l’authenticité des documents produits ».

Mais pourquoi a-t-elle décidé de rouvrir le dossier du jeune migrant ? Pour RESF, « la mobilisation citoyenne du 17 février y est pour quelque chose ». Céline d’Amore explique que l’avocate du jeune homme a également joué un rôle crucial « en envoyant rapidement des scans de son extrait d’acte de naissance ». En effet, le lendemain de l’annonce de l’envoi de l’OQTF et de la clôture de son dossier , Madama recevait un extrait de son acte de naissance envoyé par sa mère, restée au Mali. À ce moment-là, il n’y avait « pas d’issues, se souvient Céline d’Amore. Aujourd’hui, Madama est heureux car il passe d’une seule option : retournez en Afrique à une nouvelle chance de pouvoir rester ici ».

@SOS_Racisme soutient Madama, jeune #migrant menacé d’expulsion. Pourtant, il est inscrit dans un établissement scolaire pour préparer un CAP d’ouvrier agricole et a trouvé des employeurs.
“Nous demandons pour lui le droit de vivre ici dignement”https://t.co/P58r2b7YAG— SOS Racisme (@SOS_Racisme) 2 février 2021

« La chance d’avoir une famille d’accueil »

Celle qui a accompagné des dizaines de jeunes migrants dans des situations similaires à celle de Madama explique que ce dernier « a eu de la chance d’avoir le soutien d’une famille d’accueil » car pour beaucoup d’autres, confiés à l’ASE (Aide sociale à l’enfance), le chemin est encore plus abrupt. « Ils arrivent mineurs, avec des tests osseux qui valident leur âge. Ensuite, quand ils deviennent majeurs, on leur demande des documents qu’ils n’ont parfois jamais eu (car certains pays ne déclarent pas toutes les naissances), ou alors on déclare que leurs documents sont falsifiés », s’alarme Céline d’Amore. Pour Madama, elle passera quand même « un coup de fil la semaine prochaine s’il n’a toujours pas reçu de réponse concernant sa demande de régularisation de titre de séjour ».

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16/02/2021

La famille d’accueil de Haute-Loire du jeune migrant Madama continue à se mobiliser pour éviter son expulsion. Éric Durupt a entamé une grève de la faim depuis plus de deux semaines, mais il s’hydrate encore. Nous avons rencontré Madama et sa famille d’accueil. Entretien en vidéo.

Madama, jeune malien, cherche à obtenir un titre de séjour pour mener à bien son projet d’apprentissage. Il vient d’avoir 19 ans. Un âge ingrat pour les jeunes migrants…  La préfecture a en effet fait savoir que le jeune migrant devrait être expulsé, ne satisfaisant pas les démarches pour obtenir un titre de séjour. 

Selon la préfecture de Haute-Loire, Madama aurait “fourni deux extraits d’acte de naissance, qui lui ont été envoyés par sa mère, qui réside toujours au Mali. Ces documents ont été expertisés par les services de la police aux frontières, et se sont avérés présenter des traces de falsifications. […] Rien ne permet d’établir l’identité de Madama, ni que ce dernier était effectivement mineur lorsqu’il a été confié à des tiers dignes de confiance.

L’Eveil

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13/02/2021

Mobilisation au Puy-en-Velay en Haute-Loire autour de Madama Diawara et sa famille d’accueil. Le migrant malien est sous le coup d’un arrêté d’expulsion et la préfecture de Haute-Loire vient de lui signifier une nouvelle fois son refus de le régulariser. Pour le préfet Eric Etienne, les faux papiers présentés par le migrant sont un obstacle majeur à sa régularisation. Véronique de Marconnay lance un cri de détresse.

Relire: En grève de la faim depuis un jour, un couple d’enseignants se bat pour obtenir un titre de séjour à Madama, un jeune pâtre migrant malien

Du côté de la préfecture de Haute-Loire, le dossier est assez simple, explique Eric Etienne, le préfet du département. “Madama Diawara a fourni de faux papiers en appui de sa demande, et je ne régulariserai pas sur la base de faux papiers“, commence-t-il. 

Je lui ai écrit mi-janvier pour lui signifier. Il a jusqu’à la semaine prochaine pour venir fournir des papiers en règle, et le cas échéant, il pourra être régularisé. C’est une grosse difficulté, certains parlent d’un jeune homme mineur, mais rien ne prouve qu’il est arrivé en France mineur, et rien n’atteste de son identité, car ses papiers sont irréguliers“, détaille le préfet de Haute-Loire. 

C’est une question de responsabilité“, poursuit Eric Etienne. 

Une comparaison “honteuse”

Ce vendredi, le préfet de Haute-Loire s’est rendu en visite au Lieu de Mémoire du Chambon-sur-Lignon, village honoré du statut de Justes parmi les Nations, la plus haute distinction remise par Israël à des civils. Pendant la Seconde guerre mondiale, le Chambon-sur-Lignon a en effet sauvé de très nombreux juifs en les accueillant. 

Pour certains soutiens de Madama Diawara, leur combat pour la régularisation du Malien fait écho à cette tradition d’accueil du Chambon-sur-Lignon et de la Haute-Loire en général. 

Un argument qui met en colère Eric Etienne, le préfet du département. “C’est un parallèle qui est ignoble, c’est honteux, ça n’a strictement rien à voir. Les gens confondent tout, on ne peut pas tout dire, on ne peut pas laisser tout dire“, commence-t-il. 

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Plus d’une centaine de personnes se sont encore réunies hier au Puy-en-Velay pour soutenir Madama Diawara. Et ce, malgré le refus de la préfecture de Haute-Loire de régulariser ce jeune Malien arrivé dans le département il y a deux ans. L’enseignant qui l’héberge est en grève de la faim depuis le 30 janvier. Son épouse Véronique de Marconnay répond à nos questions.

France Bleu Saint-Étienne Loire : Vous avez été surprise par l’ampleur de la mobilisation hier au Puy-en-Velay ?

Véronique de Marconnay : Je ne suis pas surprise, parce qu’il y a un comité de soutien très actif. Beaucoup de personnes veulent nous aider, parce qu’il n’y a pas que Madama qui est dans une situation aussi désespérée. Il y a en Haute-Loire un réseau très actif qui se bat pour le droit des migrants. La préfecture de Haute-Loire a fait savoir encore une fois hier qu’elle refuse la régularisation de Madama.

Vous aviez pourtant été reçus mardi pour présenter vos arguments. Qu’est-ce qui ne convient pas à la préfecture ?

Véronique de Marconnay : Ce qui ne convient pas, ce sont les extraits de naissance fournis par Madama, ce qui me paraît une question secondaire. Il s’agit d’un prétexte. La préfecture ne veut pas régulariser, la préfecture ne veut pas donner l’image d’une administration généreuse envers les migrants.

Votre pétition compte aujourd’hui plus de 30.000 signatures, 6.000 il y a une semaine. Est-ce que vous sentez du soutien du côté des politiques du département ?

Véronique de Marconnay : Certaines personnes nous soutiennent, mais je voudrais dire quelque chose. Je crois savoir que M. le préfet va se rendre au Chambon-sur-Lignon aujourd’hui, parce que quelqu’un a légué une grande somme d’argent en signe de reconnaissance au “village des Justes”. Il va sûrement y avoir un beau discours, émouvant, par rapport à la solidarité, la générosité, les cœurs ouverts, les gens qui prennent des risques pour en défendre d’autres.

Un rappel de mémoire par rapport à des événements douloureux de l’histoire, où des enfants en particulier étaient persécutés en raison de leur origine ou religion. Les gens les accueillaient, disaient leur désaccord avec les positions qui étaient celles de l’administration et des autorités. Vous ne voyez pas des similitudes ?

Comment Madama vit-il tout ce mouvement autour de lui ?

Véronique de Marconnay : l’émotion est double. Il vit avec la peur, l’angoisse, l’incertitude par rapport à son avenir. D’autre part, il vit en voyant de soutiens d’inconnus, de milliers de personnes et il est reconnaissant de cela. 

Votre mari, lui, a choisi la grève de la faim depuis quatorze jours. Comment va-t-il ?

Véronique de Marconnay : il ne va pas bien, et il va chaque jour un peu moins bien.  Son corps accuse le coup. Sa détermination est entière, et depuis cette réponse du préfet, un nouveau refus, il est animé par la colère. Mais la colère ça ne nourrit pas beaucoup. 

On pense aussi à ce patron du Doubs, qui s’était lui aussi mis en grève de la faim pour essayer de faire régulariser son apprenti guinéen. C’est un exemple qui vous donne espoir et vous permet de vous entêter ?

Véronique de Marconnay : Bien sûr, et ce qui nous permet de nous entêter, c’est la volonté d’arriver à un résultat. Tout ce qu’on veut c’est un tampon sur un papier, ça n’est quand même pas demander beaucoup. Ce qui nous donne espoir, c’est de voir autour de nous tous ces gens sensibles au cas de Madama et au-delà à tous les autres mineurs isolés, jeunes majeurs, et même les familles de migrants en Haute-Loire et ailleurs, qui se trouvent face aux autorités françaises implacables, sourdes, insensibles.

Un nouveau rassemblement de soutien à Madama Diawara et sa famille d’accueil est organisé ce vendredi 12 février à 14h00 au Puy-en-Velay. La pétition en ligne recueille à ce jour un peu plus de 31.000 signatures.

France Bleu