«Le racisme, moi je l’ai vécu au hockey»

Depuis plusieurs années, le journaliste Andy Mailly-Pressoir impressionne par sa créativité et son originalité dans le paysage médiatique québécois.

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Invité à la baladodiffusion «La dose de plus» cette semaine, il a raconté son impressionnant parcours à l’animateur Jean-Philippe Bertrand. Ce dernier a profité du passage de l’homme d’origine haïtienne pour lui parler de racisme.

La Dose de plus: Andy Mailly-Pressoir

«Le racisme, moi je l’ai vécu au hockey, a révélé Mailly-Pressoir, qui travaille pour le réseau TVA Sports. Je n’ai jamais été victime de racisme à l’école. Par contre au hockey, c’est la première fois que j’ai su que ça existait.»

«J’avais 11 ou 12 ans et je ne comprenais rien, a ajouté celui qui a énormément changé d’école à l’enfance et à l’adolescence. J’ai toujours été le seul noir de mes équipes au hockey.»

Champion du monde 

S’il a appris que le racisme existait à cause du hockey, cela n’a pas empêché Mailly-Pressoir de s’y épanouir et d’y réaliser de grandes choses.

«Au Québec, que tu sois Haïtien, Arabe, Latino ou Asiatique, tu grandis avec la culture du hockey. Ma mère m’a mis sur des patins à 5 ans et j’ai joué au hockey toute ma vie», a exprimé celui qui a remporté, sans ses patins, le Championnat du monde du Groupe B en représentant Haïti au Mondial de hockey-balle à Zoug, en Suisse, en 2015.

«Tous les joueurs étaient des Québécois qui devaient avoir un de leurs parents né en Haïti. […] Les organisateurs de l’équipe se disaient que si Hong-Kong avait un club, Haïti devait aussi en avoir un.»

Plus de diversité 

Mailly-Pressoir a aussi longuement discuté de son travail de journaliste sportif. Il a d’ailleurs évoqué qu’il souhaiterait voir plus de diversité dans le paysage médiatique québécois.

«Ce que j’aimerais, c’est d’en voir plus des Andy à la télévision. […] Il n’y en a pas, comme il n’y a pas de Latinos ou d’Asiatiques. De la diversité, on en veut plus.»

Le journaliste a également tenu à souligner l’effort que fait son employeur pour avoir une plus grande sensibilité face à la réalité des gens de couleur.

«TVA Sports me consulte. Ce n’est pas : “hey Andy, tu es notre journaliste noir, que penses-tu de ça?”. C’est plutôt dans le but d’être le plus objectif possible», a soulevé Mailly-Pressoir, en parlant notamment de ce que la chaîne a fait pour souligner le dernier mois de l’histoire des Noirs.

Journal de Quebec