Le scandale des “passeports et des visas dorés” est en plein essor, en raison du Coronavirus

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Chypre suspend son programme de “visas dorés” à partir du 1er novembre, mais cette pratique controversée n’a jamais été aussi florissante que depuis le début de la pandémie.

La pandémie de Covid-19 a donné un vrai coup de pouce aux “visas dorés”, cette pratique qui consiste pour certains pays à “vendre” le droit de résidence permanente – voire la citoyenneté – contre un investissement plus ou moins important : jamais la demande n’a été aussi forte ni l’offre aussi abondante.

En réponse, Chypre a annoncé la suspension de son programme de “citizenship or residence by investment” (CRBI) à partir du 1er novembre alors que les autorités maltaises envisagent pour leur part une simple “prolongation” de leur dispositif. Mais personne ne croit sérieusement que Chypre et Malte soient prêts à renoncer définitivement à cette manne.

Depuis plusieurs mois, la demande a rebondi

Pour acquérir la nationalité chypriote – et par là même le droit de vivre et de travailler dans n’importe quel pays de l’Union européenne –, il en coûtait jusqu’à présent 2,5 millions d’euros. À Malte – où les abus liés à cette pratique ont été dénoncés par la journaliste Caruana Galizia, assassinée en 2017 –, un “don” de 650.000 euros à un fonds public est requis, plus 150.000 euros investis dans des obligations d’État et un achat immobilier ou un bail à long terme. “Mais une simple recherche en ligne permet de vérifier que plusieurs nationalités caribéennes sont accessibles à partir de 150 000 euros”, précise le magazine économique.

Une centaine de pays proposent actuellement un programme de “résidence par l’investissement”, dont certains des pays les plus riches du monde, comme les États-Unis, l’Australie, la Grande-Bretagne ou la Nouvelle-Zélande. Une douzaine de pays seulement offrent d’acquérir la citoyenneté, dont cinq États insulaires des Caraïbes (Antigua-et-Barbuda, la Dominique, la Grenade, Saint-Kitts-et-Sainte-Lucie), un État du Pacifique (le Vanuatu), la Jordanie, la Turquie et, au sein de l’Union européenne (outre Malte et Chypre jusqu’à la fin du mois), l’Autriche et la Bulgarie.

L’apparition de la pandémie de Covid-19 a semblé dans un premier temps faire baisser l’intérêt pour les visas dorés du fait que les voyages étaient devenus impossibles dans une grande partie du monde. Mais depuis, la demande a rebond, et les gouvernements qui proposent ces dispositifs font désormais valoir que les sommes collectées aideront à la relance de l’économie.

“En Dominique, le programme de citoyenneté par l’investissement devrait représenter 51 % des recettes publiques récurrentes et 25 % du PIB cette année. Alors que tout le monde se préoccupe du coût de la reprise une fois passée la pandémie, de nombreux pays auront du mal à résister aux avantages de la vente de visas dorés.”

The Economist

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