L’École des Mousses : Une école de la vie pour les marins de demain

L’École des Mousses, que le grand public identifie toujours par le célèbre pompon rouge défilant sur les Champs-Élysées le 14 juillet, est une première étape pour rentrer, dans le cadre d’une formation particulièrement rigoureuse, vers neuf professions bien ciblées: matelot restauration, opérateur machine, opérateur passerelle, opérateur pont, opérateur de pont d’envol, opérateur de système de combat, opérateur de systèmes d’informations et opérateur en maintenance aéronautique, et particulièrement fusilier marin – toujours très demandé, mais attention, très difficile.

La particularité de cette formation, existant également à Cherbourg et ouverte aux jeunes de 16 à 18 ans, résidant en métropole ou non: aucun diplôme n’est exigé. En revanche, la motivation pour servir dans la Marine est impérative, tout comme d’avoir suivi au minimum une classe de troisième.

«On recherche des jeunes qui veulent rentrer dans la vie active et gagner leur indépendance», explique un Premier maître, cheffe de section à l’École des Mousses depuis août 2020. «En moyenne, nous formons 320 mousses chaque année -180 sur le site du CIN de Brest et 50 sur celui de Cherbourg. Notre objectif, c’est de leur inculquer un savoir-être et un savoir-vivre militaire, certes, mais aussi de les accompagner sur des base de cours pour valider un réel niveau troisième à l’issue de dix mois de ‘contrat’.»

Un contrat passé sur place, en internat, 24 h sur 24, pour apprendre également la vie en collectivité. «C’est leur donner les bases pour une vie en équipage plus tard», poursuit le Premier maître. «D’autant que tous ont des profils différents, et viennent de tous les horizons. C’est aussi apprendre la cohésion, la bienveillance.»

Recrutement sur dossier

Ce sur quoi les jeunes mousses doivent aussi plancher, c’est l’anglais – leurs futurs métiers risquant fort de les mener aux quatre coins du monde. Les mousses sont évidemment recrutés sur dossier et après avoir «bien coché» avec le Bureau Marine National du Centre Informations et Recrutement des Forces Armées (Cirfa). C’est ce qu’ont fait tous les élèves de la nouvelle promotion, qui sont déjà à leur septième mois de contrat.

Parmi eux, Sofiane, bientôt 17 ans, arrivé de Normandie. «Avant, je voulais déjà rentrer dans l’Armée», glisse cet ancien élève de seconde générale et technologique. «Et puis j’ai découvert la Marine Nationale via des amis de ma famille ; ça présentait pas mal d’avantages, ça permettait de voyager et de découvrir aussi les valeurs d’équipage. Je suis allé au Cirfa et j’ai passé des test de sélection et complété mon dossier!» À l’issue de sa formation, Sofiane aimerait devenir matelot dans les systèmes de combat, «dans la détection, que ce soit en bâtiment sous-marins ou de surface», précise-t-il.

J’avais vu des émissions à la télé et ça m’a beaucoup plu ; notamment l’esprit de cohésion et le côté militaire » – Gabrielle, 18 ans

À ses côtés, Gabrielle, tout juste 18 ans, et qui vient de l’île de la Réunion, a eu une autre approche quant aux Mousses. «J’avais vu des émissions à la télé et ça m’a beaucoup plu ; notamment l’esprit de cohésion et le côté militaire. J’ai fait tous les rendez-vous nécessaires et je suis arrivée ici. Je pensais que la séparation avec mon île serait compliquée, mais j’ai été très bien intégrée.» Gabrielle, elle, aimerait être matelot machines.

Tous les élèves des formations du CIN sont logés en internat, sur place, au sein de cette petite ville militaire, et apprennent à vivre ensemble. À l’issue de leur dix mois ensemble, durant lesquels ils seront formés tant par des instructeurs militaires que par des professeurs de l’Éducation nationale tout en embarquant sur les différents types de navires à disposition, les Mousses devenus matelots (leur brevet en poche) pourront bénéficier de quatre ans de contrats professionnels. Ils auront donc vocation à devenir les meilleurs des Quartiers-Maîtres de la Flotte (QMF). Les perspectives d’une carrière dans la Marine nationale leur seront alors ouvertes.

Le Figaro