Les chasses traditionnelles dans le viseur des députés

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Une proposition de loi sur le bien-être animal doit être débattue ce jeudi devant l’Assemblée nationale.

Les partisans de la cause animale réussiront-ils à aller jusqu’à leur fin, c’est-à-dire sonner l’hallali des chasses traditionnelles en France? Cette possibilité existe bien au regard de la proposition de loi (PPL) relative au bien-être animal déposée par le groupe parlementaire EDS (Écologie démocratie solidarité) le 25 août dernier et débattue ce jeudi en séance plénière au Palais Bourbon.

En effet, dans sa version initiale qui ne comprend que six articles, il est écrit dans cette PPL: «L’article 4 interdit la chasse à courre et les pratiques de chasse équivalentes, ainsi que les chasses dites traditionnelles. La chasse à courre est une pratique cruelle car l’animal est traqué des heures durant dans des conditions de stress importantes et jusqu’à épuisement. Contrairement à d’autres types de chasse, elle ne contribue pas à la régulation de certains animaux en surnombre.» D’autres types de chasse sont également dans le collimateur comme celle à la glu.

Profitant d’une niche parlementaire réservée aux groupes minoritaires, les députés du groupe EDS Cédric Villani et Matthieu Orphelin ont repris et adapté une large partie du projet du référendum d’initiative partagée sur les animaux (RIP). Il a été lancé en juillet dernier par un collectif de 40 associations ainsi que des dizaines de personnalités du monde économique, culturel et politique.

Un projet sociétal, soutenu à l’Assemblée nationale par des parlementaires de la majorité et au-delà, comme le député LR des Bouches-du-Rhône, Éric Diard ou celui de Paris appartenant au Mouvement démocrate, Pierre-Yves Bournazel. Mais la ficelle était trop grosse et les changements avancés trop brutaux pour que les associations de chasseurs, représentant l’intérêt de plus d’un million de personnes déjà décriées sur les réseaux sociaux et la scène médiatique, restent les bras croisés.

Consignes bien relayées

Aussi, lors de l’examen de cette PPL il y a quelques jours devant la commission des Affaires économiques, les discussions ont été bon train entre députés et responsables associatifs, sans oublier les conseillers techniques, très actifs. «L’Élysée et Matignon suivent ce dossier depuis le début.

Leurs conseillers ont rappelé aux députés de La République en marche ce qui a déjà été fait par le gouvernement en matière de protection de l’environnement dans la réforme de la chasse, notamment en créant l’Office français de la biodiversité et la police rurale, indique Thierry Coste, conseiller politique de Willy Schraen, le président de la Fédération nationale de la chasse, et proche d’Emmanuel Macron.

Cette réforme avait été établie dans le cadre d’un dialogue entre différentes parties, contrairement à cette PPL, qui avance des propositions non consensuelles, déclinées comme si rien n’avait été fait pour améliorer le bien-être animal. La chasse est un dossier dans lequel le chef de l’État s’investit personnellement. Il vient d’arbitrer en suspendant pour un an la chasse à la glu et a validé les autres chasses traditionnelles, ce que le conseil d’État a confirmé.»

Des consignes bien relayées par le président du groupe La République en marche. Christophe Castaner a, en effet, demandé aux députés LREM de soutenir la PPL excepté ses articles 4, sur les chasses traditionnelles, et 5, sur la fin de l’élevage intensif. Le résultat a été sans appel. La commission des affaires économiques, qui avait en charge de préparer le texte de la PPL jeudi 1er octobre, a adopté l’amendement supprimant le fameux article 4 et le suivant.

La société de vénerie s’est alors empressée, dans un communiqué, de «saluer la forte implication du député Alain Péréa, président du groupe chasse à l’Assemblée nationale qui a fortement soutenu la vénerie dans ce débat».

Ces arbitrages politiques ont sacrifié au passage d’autres métiers représentant moins de personnes mais tout aussi menacés par ce texte de loi. Il s’agit notamment des éleveurs de vison. L’article 1 «interdit l’élevage des animaux dans le but d’obtenir de la fourrure à partir du 1er janvier 2025».

Les cirques avec animaux, qui manifestaient mardi devant le ministère de la Transition écologique leurs inquiétudes quant à leur avenir, sont également visés, tout comme les exploitants de delphinariums. «L’article 3 interdit les spectacles d’animaux vivants d’espèces non domestiques dans un délai de cinq ans à compter de la promulgation de la loi. (…)

Est également prévue l’interdiction de la reproduction dans les bassins des spécimens de certaines espèces de cétacés ainsi que, sauf exceptions, la détention en captivité de spécimens de cétacés», est-il ajouté.

Le Figaro

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