« Les cœurs peuvent cesser de battre, mais jamais les hauts tambours »

C’est par une radieuse et chaude journée que se sont déroulées, ce lundi, les funérailles d’Ambact, en l’église du Gesù, au cœur du Vieux Nice. Toute sa famille était rassemblée autour de sa mère qui perd son unique enfant.

La cérémonie, organisée selon le rite traditionnel, a été ponctuée de prières, de chants et d’interventions. Le prêtre, dans son homélie citant l’Apocalypse, a rappelé pertinemment que “Dieu vomissait les tièdes“. Il a également rendu un vibrant hommage à l’engagement militaire, nationaliste et anti-communiste de notre camarade en tant que volontaire sur plusieurs théâtres d’opérations.

Son fils aîné, très ému, a pris la parole pour évoquer les traits saillants de sa personnalité. Il a relaté certains épisodes marquants de sa vie et de ses engagements. Il a aussi lu des courriers rédigés il y a près de trente ans sur le front croate, par le père à ses fils, pour le cas où il ne reviendrait pas de la guerre.

L’église était comble, de nombreuses personnes sont restées à l’extérieur du lieu sacré.

Ambact a eu plusieurs vies, et cela s’est vu par la diversité des personnes venues lui rendre hommage.

La corporation des professionnels de la sécurité privée était représentée de manière imposante par ses anciens collègues et employés. Ses amis motards, membres de différents clubs sont venus le saluer au guidon de leurs engins rutilants pour sa dernière balade.

Les participants à ses cours d’art martiaux et de boxe témoignaient de son engagement au service du sport ainsi que la qualité de sa formation, à travers la pédagogie particulière qu’il avait su développer.

Des frères d’arme, des militants, des responsables et des élus politiques étaient naturellement réunis, Stéphane Ravier a fait le déplacement depuis Marseille.

Présents et absents ont pu témoigner leur affection et leur respect à notre ami, par le dépôt de gerbes et de couronnes. L’une d’elles portait la mention croate “neka ti je laka zemlja” (“que la terre te soit légère”), ornée de l’écusson des forces spéciales du HOS.

Une autre gerbe a été déposée par des lecteurs en notre nom à tous. Elle salue par un clin d’œil le farouche Nissard et est au nom de ses “plussoyeurs”.

Le Club Lépante aussi s’est manifesté par une couronne.

Un chœur de jeunes choristes a su donner un accent particulier aux chants religieux et patriotiques qui ont résonné cet après-midi.

C’est avec le traditionnel “J’avais un camarade” (La cavalcade), entonné par toute l’assemblée, qu’un dernier et émouvant adieu lui a été adressé, sous l’escorte du soleil invaincu.

Repose en paix camarade, merci pour ton engagement dans tous tes combats et pour nous avoir fait entrer dans ton existence d’une manière ou d’une autre.

Tant que l’on parle de toi, cœur rebelle, tu es toujours vivant.

Adaptée sur l’air allemand de J’avais un camarade (“Ich hatt’ einen Kameraden”), la version « la cavalcade » a été composée par le lieutenant parachutiste Jean de Brem, journaliste et auteur du « Testament d’un Européen ». Ces paroles rendent hommage à ses compagnons morts pour la France au combat en Algérie et au-delà, aux sentiments de la fraternité au combat. Militant OAS, il fut abattu par la police en avril 1963 à Paris.

Un jour dans la fusillade, galopant à l’inconnu
Nous allions en cavalcade, tu étais mon camarade
Celui que j’aimais le plus (2x).

Un cavalier par bravade, des siens le plus résolu
Me porta son estocade, ce fut toi mon camarade
Ce fut toi qui la reçut (2x).

J’ai vengé l’estafilade, que ce coup t’avait valu
Mais très tard dans la nuit froide, j’ai pleuré mon camarade
Près de son corps étendu (2x).

Je suis ma route maussade, et je chevauche sans but
Au hasard d’une embuscade, j’ai perdu mon camarade
Je ne rirai jamais plus (2x).

Prince écoute ma ballade, et cet appel éperdu
Prie le Dieu des cavalcades, de placer mon camarade
A la droite de Jésus (2x).