Les députés LFI Raquel Garrido et Alexis Corbière emploient-ils une femme de ménage sans papiers ?

Les deux députés, en couple dans la vie, sont accusés d’employer une trentenaire algérienne pour faire le ménage et garder leurs enfants. La députée de Seine-Saint-Denis nie en bloc.

La France insoumise, par l’intermédiaire de certains de ses députés, réclame depuis plusieurs mois la régularisation des sans-papiers. Et pourtant, deux d’entre eux en emploieraient une chez eux. C’est en tout cas ce que révèle Le Point ce mercredi 22 juin, mettant en cause le couple Alexis Corbière-Raquel Garrido. Nos confrères auraient eu vent d’un contrôle de police remontant au mois de mai dernier. Promenant une des filles du couple, une employée de maison, une Algérienne de 36 ans arrivée en France en 2008 grâce à un visa étudiant, n’aurait pas pu justifier de documents d’identité français.

Elle aurait alors expliqué devant les policiers travailler pour les deux députés de Seine-Saint-Denis, d’abord à Bagnolet, mais également dans un autre logement de la capitale où les enfants seraient pris en charge. Cela permettrait en effet de les scolariser à Paris et non en Seine-Saint-Denis. Elle aurait avoué travailler pour eux jour et nuit et aurait dévoilé disposer d’un canapé dans l’appartement parisien, et avoir une chambre dans la maison de Bagnolet. Mais la femme, sans papiers, serait allée plus loin lors de cet interrogatoire, révélant que le couple lui aurait promis des papiers “en cas d’élection de Jean-Luc Mélenchon à la présidence de la République ou s’il devient Premier ministre”, selon un message qu’a pu consulter Le Point.

“De l’aide pendant les campagnes électorales”

Nos confrères se seraient aussi procuré d’autres messages équivoques et embarrassants pour les deux députés. L’employée y révélerait certaines pressions : “Jusqu’au 19 juin, elle a besoin de moi et si ça me va pas, elle me renvoie dans mon pays”, aurait écrit la femme de ménage à l’un de ses contacts. Raquel Garrido lui aurait aussi écrit : “Je te dis de rester, tu restes, si ça te va pas, y’en a plein dans ton cas qui veulent travailler, mais tu peux oublier tes papiers.” Échaudée, la femme de ménage aurait alors signifié son mécontentement et lui aurait demandé aussi des paiements en retard. “Monsieur te donnera 150 euros pour la semaine, on verra le reste après”, aurait alors rétorqué la députée de la 5e circonscription de Seine-Saint-Denis, aussi conseillère municipale de Bagnolet.

Raquel Garrido aurait aussi exercé une sorte de chantage auprès d’elle : “On te met un toit sur la tête, on te fait travailler donc soit t’es reconnaissante, soit je prends quelqu’un d’autre maintenant stop”. Une situation dont se serait plainte la femme algérienne auprès de ses amis, dans des messages que Le Point a encore consultés. Souhaitant être “en règle”, elle dénonce être traitée “comme avec des esclaves”.

Le Point a contacté les deux députés pour connaître leur version. Raquel Garrido nie tout recours à une “aide-ménagère”, soulignant juste avoir “recruté de l’aide pendant les campagnes électorales”. “À chaque fois avec des personnes disposant de papiers, et bien sûr avec les déclarations Urssaf afférentes”, répond-elle au magazine. Dans un communiqué publié sur Twitter, les deux députés réfutent en bloc toutes les accusations citées ci-dessus et annoncent s’être tournés vers leur avocat pour déposer plainte.

Capital