Les discriminations ont toujours la vie dure en entreprise

Apparence physique, racisme, âge… En dépit de politiques volontaristes en matière de diversité et d’inclusion ces dernières années, les entreprises peinent à endiguer les discriminations qui polluent l’environnement de travail des collaborateurs, selon une enquête diligentée par l’observatoire Cegos.

« Un score » sans appel : ce ne sont pas moins de 74 % des salariés français qui disent avoir été témoins, au moins une fois au cours de leur vie professionnelle, d’une forme de discrimination.

Pour 41 % des collaborateurs français interrogés au sein de cette enquête en ligne menée par l’observatoire Cegos dans 7 pays, c’est l’apparence physique qui arrive en tête des formes de discriminations les plus répandues dans la sphère professionnelle. Le racisme (36 %) et les considérations liées à l’âge (34 %) complètent ce triste podium.

« Cette enquête met également en exergue la différence de perception, sur ces sujets, entre les collaborateurs et les responsables des ressources humaines (RH), également sollicités par nos soins », appuie Isabelle Drouet de la Thibauderie, manager d’offre RH au sein de Cegos.

Ainsi, au sein de leur propre entreprise, si les discriminations en rapport avec l’âge (32 %) font aussi partie des préoccupations majeures des responsables des RH, les activités syndicales des collaborateurs, à hauteur de 22 %, et l’état de santé (20 %) dominent également les débats. Deux « types » de discriminations non véritablement ressenties par les salariés.

Vers « qui » se tourner ?

Ces deux « populations » se rejoignent, en revanche, sur le constat et sur le « terreau » des diverses discriminations susmentionnées. « Le recrutement (42 %) et l’accès aux postes à responsabilité (30 %) font malheureusement office, aux yeux des RH, de ‘temps fort’ de la discrimination », détaille Annette Chazoule, manager d’offre management et changement au sein de Cegos. Du côté des salariés, la proportion est peu ou prou similaire, puisqu’ils sont 25 % à estimer que la phase de recrutement est la plus propice aux discriminations de toute obédience.

Il est même assez étonnant que les responsables RH ne soient pas spontanément identifiés pour gérer les conflits.

Annette Chazoule Manager chez Cegos

Confronté à ce genre de situation, vers qui va, dès lors, se tourner le salarié pour tenter à la fois de « donner l’alerte » et trouver une certaine forme de soutien ? A proportion égale, vers d’autres collègues (25 %) et leurs managers directs (25 %), devant les membres de la fonction RH (seulement 23 %). Un dernier facteur sur lequel rebondit Annette Chazoule : « Nous avons affaire à un score relativement faible. Il est même assez étonnant que les responsables RH ne soient pas spontanément identifiés pour gérer les conflits. »

Une communication à améliorer

Si 68 % des salariés français répondent « oui » à la question de savoir si leur entreprise a mis en place, à leur connaissance, une politique diversité et inclusion , il n’en demeure pas moins vrai également que la communication, à ce sujet, demeure perfectible. Certains collaborateurs estiment, par exemple, que cette politique n’est pas clairement formalisée et se construit au fil du temps et des opportunités.

Les Echos