Les Français payent plus cher leur alimentation que la moyenne des Européens

Contrairement aux idées entretenues par la guerre des prix à laquelle se livrent les enseignes, les tarifs des produits alimentaires sont plus élevés en France que dans beaucoup de pays de l’Union européenne. Contrepartie de cette situation : ils augmentent moins vite en cette période de pénurie et de hausse des coûts.

La « guerre des prix » est dénoncée en France depuis des années par les agriculteurs, les industriels de l’agroalimentaire et les gouvernements. Les distributeurs qui la livrent détruisent la valeur de la filière alimentaire affirme la coalition des fournisseurs. L’examen des statistiques de l’Union européenne montre cependant que les étiquettes de supermarchés tricolores sont en moyenne plus élevées que celles de leurs homologues des autres pays de l’Union.

L’Association nationale des industries alimentaires calculait avant l’entrée en vigueur de la loi Egalim que le combat pour être le moins cher avait généré 5,5 milliards d’euros de manque à gagner depuis 2013. En 2013, selon Eurostat, le niveau de prix des produits alimentaires était de 108 dans l’Hexagone sur une basse 100 constitué par le niveau moyen des 27 pays membres.”

Viande et fruits au plus haut

L’écart s’est creusé ensuite. Il a atteint les 110 en 2021. Seule l’Irlande est plus chère (119). L’Italie se situe à 105,7, l’Allemagne à 104,5, l’Espagne à 97,6. Dans le détail des produits, la France culmine à la première place de la cherté pour la viande, avec un indice 129 (les prix sont 30 % plus élevés que la moyenne européenne), ainsi que pour les fruits et légumes (120). Hasard ou relation de cause à effet ? Depuis le début d’une année 2022 qui voit l’inflation mettre le pouvoir d’achat des consommateurs sous pression, ce sont les rayons viande et fruits et légumes qui voient leurs ventes baisser le plus.

A l’inverse, notre pays est celui qui vend le lait et les œufs le moins cher avec sur ces articles un indice de 96 quand l’Allemagne et les Pays-Bas, autres grands producteurs laitiers, sont respectivement à 98 et 97. Coïncidence ? Dans la série de renégociations des tarifs lancée par le gouvernement après le début de la guerre en Ukraine, c’est principalement sur le lait que les discussions achoppent encore, sur un prix minimal au consommateur d’un euro le litre.

Contrepartie du niveau des prix français, Eurostat constate qu ‘ils augmentent moins en cette période de pénurie et de hausse des coûts provoquée par la guerre en Ukraine qu’ailleurs en Europe. L’indice dit IPCH de l’alimentation se situait à 117 en juillet 2022 dans l’Hexagone quand il culminait à 125 pour la moyenne des 27, ou bien encore à 129 en Allemagne et 124 en Espagne.

Les Echos