Les galères d’Enguerrand, l’élève de Saint-Cyr refusé en prépa sur Parcoursup

Enguerrand Vauby est premier de sa classe au lycée militaire de Saint-Cyr (Yvelines). Crédits photo: Enguerrand Vauby

Premier de sa classe chaque année au lycée militaire de Saint-Cyr, Enguerrand a été refusé en prépa sur Parcoursup. Sa famille s’est battue pour qu’il obtienne une place à la rentrée.

«Un dossier remarquable dont l’excellence des résultats et des compétences dans toutes les matières lui permettront de réussir pleinement. Intelligent, pertinent et très compétent, il saura également exceller parfaitement dans toutes les tâches qui lui seront demandées. Toutes nos félicitations et toute notre confiance pour la suite de vos études». On peut difficilement rêver de meilleur commentaire que celui qui figure sur la fiche avenir Parcoursup d’Enguerrand Vauby. Pourtant, ce premier de la classe du lycée militaire de Saint-Cyr, a été refusé à toutes ses demandes de classes préparatoires.

Récompensé chaque année

Dans le détail, ses notes sont excellentes. Le jeune homme est premier de sa classe avec 19,03 en mathématiques expertes, 17,51 en mathématiques et 15,82 en physique chimie, les trois matières les plus regardées pour l’entrée en CPGE scientifique. Il reçoit trois années de suite en seconde, en 1ère et en terminale, le prix du Coldo d’or du lycée militaire de Saint-Cyr qui récompense le meilleur élève de la classe.

Sûr de lui, Enguerrand a postulé en classe préparatoire PCSI et MPSI dans les meilleurs lycées de France: Sainte-Geneviève à Versailles, Stanislas à Paris ou encore le lycée du Parc à Lyon. Autant de refus. «À chaque fois, il est à plus de 1000 places de l’admission», s’indigne Roger Vauby, son père qui ne comprend pas pourquoi son fils, n’a pas été retenu par ces établissements prestigieux. Le père ne se décourage pas pour autant et engage une bataille enragée contre le système. Il appelle les prépas demandées et envoie des centaines de courriels aux personnes qui pourraient être en mesure de débloquer la situation. «Nous nous sommes adressés à l’académie, à des parlementaires, aux ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et Enguerrand a finalement écrit une lettre ouverte au président de la République parue sur le site du magazine Causeur» explique-t-il. Les parents d’Enguerrand ont également pris contact avec Sophie Audugé de SOS éducation. Cette association, qui vise à rassembler les citoyens désireux d’améliorer le système éducatif français, leur a permis de faire entendre leur voix dans les médias.

L’algorithme aurait écarté sa candidature

Que s’est-il passé? Enguerrand comprend que le fait qu’il ait demandé exclusivement des places en internat l’a desservi. Sur 11 candidatures, son dossier ne semble avoir été exclu que deux fois en raison du niveau, à Sainte-Geneviève (Versailles) et au lycée du Parc (Lyon). En face de toutes les autres, la plateforme affiche la mention: «votre dossier pour l’internat n’a pas été retenu». Habitant Louviers (Eure), il pensait être prioritaire pour l’internat. En fait, ce sont les boursiers qui sont prioritaires. Les prépas reçoivent des milliers de candidatures et le premier tri est effectué par un algorithme. «Seules les candidatures les plus pertinentes sont étudiées en commission, mais Enguerand n’étant pas boursier, la sienne n’a pas été prise en compte» affirme le père. Et d’ajouter «Au moment de la publication des résultats, certains de ses camarades boursiers mais moins bien classés étaient admis dans des prépas qui l’avaient refusé.»

Les lycéens sont parfois mal informés

Finalement, les parents du jeune homme sont parvenus à attirer l’attention sur sa situation. Enguerrand est désormais admis au lycée Corneille à Rouen avec en prime, une place en internat. Après des discussions avec l’académie de Paris, il pourrait aussi être prochainement admis au Lycée Saint-Louis à Paris, mais cette fois en tant qu’externe. Roger Vauby est soulagé, mais s’indigne des modalités de sélection des élèves. «Dans mon esprit il conviendrait plutôt de choisir les meilleurs élèves et d’aider ensuite ceux qui n’ont pas les moyens de faire leurs études» déclare-t-il. Cette mauvaise expérience plaide en tout cas pour une meilleure information des lycéens. Pour éviter de se retrouver dans une telle situation, il peut être préférable de doubler sa demande en postulant avec et sans place en internat. Contactés, les CPGE concernées n’ont pas répondu au Figaro Étudiant.

Le Figaro