Les Lilas (93) : Querelle à propos d’une place dans la file d’attente, Aous se fâche avec Amadou et le tue pour le « dissuader d’être violent »

Accusé d’avoir tué un chauffeur de VTC pour un désaccord sur une place dans une file d’attente en 2020, un homme jugé devant la cour d’assises de Seine-Saint-Denis a affirmé mardi 17 mai qu’il avait seulement eu l’intention de «dissuader» la victime.

Le 11 février 2020, Aous Trabelsi, habitant de Romainville alors sans emploi, se rend à 15h00 dans une station de lavage des Lilas (Seine-Saint-Denis). Après avoir pris son ticket, il se fâche avec Amadou Bah, un chauffeur de VTC présent dans la file d’attente avant lui. Les deux hommes s’invectivent, échangent des coups et sont séparés par des témoins. Puis une seconde altercation éclate.

Réfugié politique guinéen

Amadou Bah agrippe à la gorge Aous Trabelsi, qui sort un petit couteau et poignarde le chauffeur au niveau de l’abdomen. La victime titube et décède en quelques minutes. L’auteur du coup fatal prend la fuite en trombe. «Ça s’acharnait sur moi. J’ai sorti le couteau, je pensais que ça allait le dissuader et que j’allais m’extraire», se justifie l’accusé de 32 ans à la barre.

Vous sortez ce couteau et immédiatement vous portez un coup, vous n’êtes pas dans la dissuasion», souligne la présidente, Caroline Jadis-Pomeau. «Une mouche, je ne la tue pas, comment je me suis retrouvé à faire pleurer toute une famille ? Tous les soirs je me pose la question», a répondu Aous Trabelsi.

Six membres de la famille et collègues de la victime ont également pris la parole, refusant de pardonner son geste, «un acte provoqué, fait volontairement». Âgé de 35 ans, Amadou Bah était un réfugié politique guinéen arrivé en France en 2010. Ses proches l’ont décrit comme un homme souriant, travailleur, serviable et pilier de sa famille au pays.

Le Figaro