Les «vory», cette fraternité criminelle venue des pays de l’Est pour piller la France

Arrestation, en 2019, d’un groupe criminel spécialisé dans le vol en France de GPS agricoles. Gendarmerie.interieur.gouv

Avec ses codes et son organisation très hiérarchisée, les «voleurs dans la loi» multiplient les trafics sur tout le territoire.

C’est une menace venue d’Europe de l’Est. Les « vory » multiplient les trafics sur le sol français, nous apprend Le Figaro, jeudi 23 juin. Cette organisation criminelle, aussi appelée la « mafia rouge », dont les codes et l’organisation sont connus pour être extrêmement hiérarchisés, est décrite par le quotidien comme étant l’une des galaxies criminelles les plus dangereuses d’Europe. 

« Mobiles et chevronnés » 

Derrière les « vory », on retrouve des spécialistes de trafics en tous genres, de racket et de contrebande. Autant de délits perpétrés de façon quasi-militaire, ce qui permet aux auteurs de récolter des butins considérables, note le quotidien national. Dans le détail, les membres de cette organisation se sont notamment illustrés par des cambriolages, des raids nocturnes et des razzias dans des commerces. Au fil du temps, les « vory » n’ont cessé de monter en puissance, en diversifiant leurs activités. 

Il y a quelques semaines, les 16 et 30 mai, les gendarmes de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (Ocldi) et ceux de la section de recherches (SR) d’Orléans (Loiret) ont ainsi démantelé une équipe de malfaiteurs en provenance d’Europe de l’Est, détaille Le Figaro. Ces derniers, qualifiés de « particulièrement mobiles et chevronnés » par une source qui s’est confiée à nos confrères écumaient la France en vue de « commettre de multiples vols aggravés ou encore des extorsions, et étendre leurs réseaux de contrebande de cigarettes »

Des « têtes brûlées » venues du Caucase 

En France, l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (Ocldi) a interpellé depuis 2013 pas moins de vingt « vory », ainsi que dix de leurs lieutenants, appelés les « smotriachi », selon les informations dont dispose le journal national. Ces criminels recrutent des « têtes brûlées » établies clandestinement en Tchétchénie, en Russie, en Moldavie, et plus largement dans le Caucase, rapporte le site d’actualités. 

Les « vory », qui fonctionnent comme une société secrète, ont commencé à apparaître dès les années 1930, dans le goulag soviétique. À l’époque « des criminels, parmi lesquels certains ont pu collaborer avec leurs geôliers pour surveiller les prisonniers politiques, [se sont structurés] selon un code de conduite transmis de génération en génération », explique dans les colonnes du Figaro le général Marc de Tarlé, chef de l’Ocldi. Chaque clan, qui fonctionne sur un principe de rituel initiatique et de réunions secrètes, est dirigé par un « vor » intronisé après une cérémonie. Et à l’instar des yakusas japonais, ces criminels sont identifiables grâce à leurs tatouages qui symbolisent leurs faits d’armes, leurs condamnations ou leur grade.